j'écris un livre!

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j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 12 Avr 2018, 07:39

j'ai pas chômé quand j'ai habité au grand zero l'an dernier
j'ai fait dj jean michel borderline et puis je suis resté enfermé dans ma piaule à me branler
et j'ai commencé à écrire, et comme il ne me reste qu'un disque dur externe, je compte le reprendre car faire de la musique c'est chiant t'as vu
et donc voilà oû j'en étais fin 2016

EMANCIPATION MASCULINE

alors on va y aller maintenant
plutôt qu'écrire aux autres je vais m'envoyer des mails, ça reste juste pour le côté pratique: je peux le faire de n'importe oû, n'importe quand, l'idée m'est venue à l'instant, c'est aussi pour ne plus communiquer avec l'exterieur de manière compulsive, j'y reviendrai, ce qui compte c'est de raconter comment j'en suis arrivé là, ce qui a fait de moi un homme, malgré moi, les rituels, le parcours du combattant, "une course d'obstacles au milieu de blaireaux" comme le dit mc666 qui fait que j'en suis devenu un de plus, rien de plus, on m'avait dit que j'allais rencontrer roberto culligan et c'est parti completement en couille, tout ça à partir d'un mensonge auquel j'ai voulu croire juste parce que c'était un copain qui improvisait une histoire, comme pour ne pas lui refuser de me prendre carrement pour l'idiot du village, et les autres gosses s'en sont donné à coeur joie, peut-être que j'étais amoureux de ce copain et que c'est là que tout repose, une fois lancé je ne pouvais plus revenir en arrière, comme un rituel oû je serai le sacrifié, juste pour qu'on s'intéresse un peu à moi ce jour là. ça aussi, j'y reviendrai, comment on devient un adolescent, comment on finit par détester la parade de la séduction tellement qu'on fait tout pour tout foirer systématiquement, sauf que là jusqu'à ce soir je suis bien décidé à lacher l'affaire, enfin, juste parce que pour une fois il se trouve que j'ai affaire à une personne qui pourrait vraiment morfler, une à qui il reste la sincérité pour dire non et qui est encore plus navrée que moi, ce qui reste encore trouble, mais juste assez clair pour bien la considérer comme une personne existante réellement, pas juste un reflet de mon échec
donc je vais écrire pour moi dorénavant, ce sera plus utile je pense, tant que ça me tient
assez de sincérité pour dire non, donc, et ne pas se contenter du reflet positif que j'essaye de lui insuffler, c'est dire à quel point elle doit avoir peu d'estime d'elle même, oû alors elle s'en tape, ce qui n'est pas pour me déplaire, tant que je lui dévoile rien, et c'est déjà trop tard, "it's too late baby/it's too late man" disait nomeansno, j'aurai du lire les textes entre les lignes en 92 mais je passais surtout du temps sur les lignes de basse, j'étais déjà préssentit comme "assez bon zicos" pour intégrer un groupe avec des gens plus agés, recommandé même par quelqu'un que je vénérait, et quelques mois plus tard j'avais une vie tout à fait remplie pour un connard de mon espèce: une copine que tout le monde voulait sauter mais assez effacée pour que je ne m'en soucie guere, un groupe détesté par les uns / encensé par les autres, trop beauxzardeux pour les punks / trop punk pour les beauxzardeux, j'y reviendrai sur tout ça, la vie d'avant, ce qui compte là tout de suite c'est surtout de parler de cette fameuse émancipation masculine, ce theme proposé par virginie despentes à la fin de king kong theorie, je pense avoir quelques éléments clés de mon experience personnelle pour participer à ce projet, bien qu'il soit ambitieux, je peux dire tout de suite que j'ai pris un pied phénoménal avec le vibro que j'ai offert à la mère de mes enfants, ça ne me dit pas si elle s'en est servie rien qu'un fois, elle a de toute façon un avantage certain sur moi: elle peut vivre la bisexualité "sans entrave", tout le monde trouvera ça cool, excitant, et elle n'aura aucun problème à trouver une vraie bonne queue en s'offrant au premier connard venu, tandis que pour moi c'est une autre histoire: je risque de me faire péter le nez si un mec me plait et aujourd'hui encore, même dans notre petit milieu super sympa, vaut mieux le garder pour soi, c'est encore considéré comme une déviance, par contre pour provoquer les plus réacs, ça marche à tout les coups, bref à ce jour, toujours pas franchi le cap, toujours pas assumé mais peut-être que si on me sollicite je finirai par connaitre ce fameux lacher prise
l'émancipation masculine, donc, oû comment ne plus exister simplement en opposition aux femmes, dans les rapports de domination ou de retour affectif immédiat? je n'ai pas connu ma mère, elle est morte quand j'avais dix ans, au même moment mon cousin, ado d'une 15aine d'année a été mon premier rapport sexuel, et ça a duré par la suite, enfin mon tout premier rapport au sexe en réalité, c'était avec un copain à l'age de 6 ans je crois, on était en vacances et on dormait ensemble, on se découvrait, je n'avais absolument pas l'impression de faire quelque chose de mal, mais à la rentrée il m'a complètement squeezé, j'ai compris plus de trente ans plus tard que lui devait culpabiliser d'un truc, en tout cas que ça devait être forcément moi le pédé dans l'histoire, lui n'y étais pour rien, ce qui me renvoit à mon cousin: là je sais que c'est lui qui est venu, je m'en souviendrai toujours de cette main au cul dans sa chambre, il était chaud, c'était sa crise de puberté, il fallait que quelque chose se passe, d'ailleurs j'ai tenté de faire de même par la suite, plus tard vers 13/14 ans, avec des garçons plus jeunes que moi, quand je suis sorti de l'hopital psychiatrique dix ans plus tard j'ai tenu absolument à les appeler et les deux m'ont affirmé ne se rappeler de rien, est-ce qu'ils ont menti? ils ont l'air d'avoir fait leur vie depuis, moi je suis démoli, surement parce que tout ça s'est produit pendant la période du décès de ma mère, surement parce que j'ai grandi dans une famille des plus décomposées qui soit, depuis ce décès, ce qu'il reste de cette famille, c'est soit des gens que j'aimerais revoir mais personne ne prend de nouvelles, soit des gens que je déteste et finalement je les remercie parce que je me suis construit en opposition à eux, ça ne veut pas dire que je vaut mieux, mais je pense que dans le fond ma vie aura été plus remplie de rencontres et plus intense émotionnellement, j'ai quand même un lien qui reste de l'ordre du politique pour cette moitié de famille que j'ai connu, ils ont été communistes, ce serait plus honteux s'ils avaient été de droite, alors que justement pour la famille inconnue, celle des pieds noirs du côté de ma mère je ne sais pas, tout ce que je sais c'est que ma mère a choppé son diabète vers 14 ans à alger, suite à une crise de panique alors qu'elle se réfugiait comme elle pouvait lors d'un attentat de l'OAS, pas longtemps après elle prenait le bateau pour venir mourir ici, 20 ans plus tard, et elle a quand même voulu faire un enfant, donc si des gens de cette famille ont été des sypathisant de ce qui est devenu le FN, je ne peux que leur chier à la gueule et pour toujours, qu'ils crèvent tous
qu'ils crèvent tous d'un cancer du colon, avec les anciens communistes qui les ont rejoint depuis, bon s'ils crèvent tous ça fera moins de voix pour marine, c'est sur que dans ma famille à priori personne ne va voter bayrou, mais ça ne me rendra pas ma mère, et me faire enculer aujourd'hui ne me rendra pas ma santé mentale, non c'est bien du rapport aux femmes qu'il s'agit, l'emancipation masculine ne peux se faire qu'en changeant ce rapport, retour sur ma famille: ma grand-mère a été enceinte de mon père en 44, elle n'a jamais revu le père, ce qui fait que mon nom de famille est celui du grand père que j'ai connu, pas celui du grand-père biologique, ce que je sais c'est que ma grand-mère était cinglée, hystérique, voulait tout controler, je me dis souvent qu'elle a du etre violée pour un peu de viande et du lait, un truc bien dégueulasse, trop lourd à porter, qu'on garde pour soi toute sa vie, déjà que le grand-père que j'ai connu s'est jeté avec toute sa famille pour se mettre avec une femme qui n'était pas enceinte de lui, époque de tarés, c'est pas beaucoup mieux aujourd'hui, maintenant que je suis séparé, quand je sors avec mes gosses, je sens des ricanements de mecs qui me considèrent comme un sous homme, soumis à sa femme , ou n'ayant pas su la garder, s'occuper des enfants c'est pas un truc de mecs, on en est là encore aujourd'hui, cette fille dont je parlais au début me dis que je devrait plutôt me soucier des regards bienveillants des femmes qui me voient galérer avec mes enfants, moins aujourd'hui mais quand même, si elle m'a quitté c'est pas pour rien, mais j'y reviendrai plus tard

non là ou je galère surtout c'est avec le sexe, j'ai été completement accro au porn, je ne sais pas si j'en suis sorti définitivement, je ne me pose plus la question en terme moral, c'est juste que je me suis abimé physiquement, aujourd'hui un éréction sans m'auto stimuler est une réussite, et je suis tombé dedans tot, chez mes parents et chez mon oncle et ma tante, au même moment ou le cousin s'entrainait sur moi, plus tard c'était canal plus en cripté, se lever la nuit, etre défoncé le lendemain en cours, et puis ma première expérience avec une fille, directement en groupe, elle était plus agée que nous et mentalement attardée, je l'ai revu seul en cachette pour me dépuceler, puis plus tard la première experience avec une "vraie" fille, je n'en menais pas large, et encore aujourd'hui, parce qu'il faut assurer, on s'est tous construit sur ce schéma: sexe obligatoire, jouissance, performance, virginie despente en parle très bien, du coup je ne raconterai rien de ce que j'ai pu vivre de beau et de moins beau par pudeur et par respect pour ces femmes que j'ai connu, la notion d'intimité est toute nouvelle pour moi, elle débute depuis que j'ai réalisé comme c'était important l'intimité, alors que tout nous pousse à faire les coqs dans ce monde de tarés, c'est elle qui m'a fait comprendre ça, toujours la même fille dont je parle au début, je tape sur ce clavier en ce moment même et là elle vient juste de se réveiller et de tomber sur des liens ou photos dans des boucles de mails que j'ai envoyé cette nuit avant de me décider à écrire et il faut que je lui réponde, parce que je ne dis plus rien dans ces derniers mails, plus rien à lire, et elle va vraiment pas bien, et ne pas vouloir renoncer à vivre une relation avec elle la rend encore plus mal, elle sait que je suis là à attendre, elle sait aussi que je ne vais pas très bien non plus, il va falloir faire quelque chose, c'est donc pour ça que j'écris, pour ne pas lui écrire à elle, faire quelque chose de cette énergie violente et dévastatrice, du désir compulsif, de vouloir cette fille par dessus tout
avec cette fille, c'est comme avec mes chansons, je ne sais jamais si je dois coller un texte parce que la musique est pas assez bien ou le contraire, du coup il faut que j'y retourne à un moment, il faut que ça sorte, mais là comme on est brassés tous les deux... alors c'est comme si ça me donnait une raison de faire semblant de pas avoir compris que non c'est non, c'est vraiment non, on sera jamais ensemble, on a juste passé cette nuit et justement si j'avais osé lui dire que j'étais pas completement sur d'etre opérationel on en serait pas là, le fait d'avoir été intimes rien qu'une fois, le fait d'etre bien dépressifs, mais dans le fond on va encore chercher à se justifier en se disant qu'on était pas en forme ce jour là et garder bon espoir pour la suite? et si finalement on avait désiré autre chose dans la relation, se sentir si proche de quelqu'un c'est pas tous les jours, et les semaines précédentes j'en étais, à 4 à 5 h de branlette par jour, voir plusieur fois par jour, j'avais laissé tombé les film de boules pour aller sur des sites libertins et je venais de découvrir les salons de webcam: voir baiser des gens en direct, se dire que tout le monde a envie de baiser tout le temps, qu'en chaque fille il y a la pire chaudasse de competition qui sommeille, et puis elle est arrivée, elle était juste de passage, on se connait depuis une dixaine d'années et on avait chatté déjà dernièrement, on avait commencé à se confier des trucs, on savait qu'on est dépressifs, et je commence à lui raconter mon parcours évoqué plus haut et la dépression, l'addiction au porn, et elle me confie son trauma à elle, plus tard elle me dit que par manque de thune et n'ayant pas grand chose à perdre elle pensait se prostituer dernièrement, je suis sur le cul, d'un coup j'ai l'impression de n'etre plus qu'un client docile du marché de la bonne meuf dont parle virginie despentes, plus tard je ne résiste pas à l'envie de l'embrasser parce que finalement je crois que je suis en train de craquer completement sur sa personne, tout les barrages ont sautés, j'ai envie de la prendre dans mes bras, passer la main dans ses cheveux, et finalement on revient de la balade, je sais déjà que je vais avoir bien du mal depuis le premier contact de ses levres, et une fois revenu dans la piaule, machinalement on se retrouve sur le lit et j'ai quand même envie d'elle, très envie même mais le corps ne suis pas tellement, finalement ça finit par venir, ça part très fort même, mais on a pas mis de capote... je n'ai jamais eu aussi mal aux couilles de m'etre retenu aussi violement
je suis raide dingue de cette fille depuis, elle est completement dark, attention pas lookée dark, non c'est dans sa tête, je ne sais plus quoi faire, elle parle de se suicider et je pleure une fois sur deux quand je pense à elle
des fois je me dis que ce serait chouette un attentat suicide en couple, la love story ultime, faut juste choisir l'endroit idéal, mais bon je crois que je préferais vivre le reste de mes jours avec elle
une autre fille m'a approché depuis, elle est très belle, a l'air drole, épanouie, mais je ne peux me projeter au delà d'une relation confidente et purement sexuelle avec cette fille, pourtant je suis sur que la plupart des garçons la préfèreraient d'emblée, peu importe, je sais que je peux la revoir, mais du coup je laisse trainer, je me laisse désirer, c'est même peut-etre la première fois, peut etre parce que je suis amoureux d'une dépressive qui ne sort pas de son lit pendant deux jours et dont la pilosité n'est absolument pas entretenue comme celle de toutes ces filles sur netechangisme, ou celle de la mère de mes enfants, enfin en ce moment du moins j'imagine
comme si je n'en avais plus rien à foutre de tout ça, le paquet de drum comme dit un pote, comme signe de mauvaise santé mentale? ben voyons, allongé à coté d'elle c'est moi qui avait l'air d'aller pas très bien en fait avec mes couilles rasées au rasoir bic jetable, ce qu'en penserait virginie despentes ou coralie trin thi ne changera rien, on est pas chez ardisson, la première fois que j'ai vu coralie trin thi c'était dans pornovista, en train de se faire enculer et jeter dans une piscine après s'etre pris une giclée de sperme, mais comme c'est un pote reconnu d'interet public dans le milieu du punk rock stephanois qui m'avait preté la VHS je pouvais encore trouver ça normal, convenu, cool etc
comme si j'avais le droit en fait, d'ailleurs j'ai téléchargé la vidéo de coralie trin thi "le point Q" qui traite de la sodomie, je crois que j'ai proposé à toutes les filles avec lesquelles j'ai couché de les prendre par le cul, et seulement deux me l'ont ouvertement demandé, c'était les mêmes qui aimaient les insultes et la domination, on ne rencontre pas beaucoup de filles comme ça dans une vie, enfin peut etre que ça a changé aujourd'hui, je sors de 9 ans de couple et j'ignore tout des filles de 20 ans en 2016, bref, aujourd'hui lècher les fesses et enfoncer ma langue dans l'anus d'une fille est devenu un péché mignon incontournable, par contre dans une relation avec un homme je ne me projette uniquement comme passif, il doit donc certainement y avoir un transfert comme l'hypothese de virginie despentes dans king kong theorie: le porn montre aux hommes ce qu'inconsciement ils aimeraient faire entre eux, les femmes sont là pour illustrer un ou des fantasmes, et les postures ultra machistes et toutes les injures dans les faux amateurs à la jacquie et michel sont juste là pour nous rassurer qu'on est bien des mecs hétéros en train de regarder des filles d'à coté se faire défoncer comme des chiennasses de compet', quand on sait que ce type de porn finance les conspis et autres dissidents anti-système sur youtube on comprend mieux pourquoi on maltraite les filles qui l'ont bien mérité ce salopes, ce qui me fait doucement rigoler, et me fait penser à ce livre de spinrad: reve de fer, soit mein kampf en version gay héroic fantaisy, mais gay refoulé facho avec plein de symboles phalliques partout et des muscles toujours des muscles et de la puissance, c'est un livre très dur à lire, mal écrit exprès, completement neuneu, mais il faillait le faire, et c'était il y trente ans au moins, t'imagine le boulot aujourd'hui
donc un chouette projet: se faire sauter ensemble, suicide collectif à deux, le pinacle de la haine, et de préférence dans l'ouest lyonnais plutôt qu'à vaulx en velin... la radio parlera d'attentat mais ne pourra faire aucun lien avec aucune organisation islamiste ou quoi que ce soit, un beau merdier en sorte, il n'y a plus que les enfants qui me retiennent de la faire, et elle, forcement, comme je dois m'empecher de la contacter au moins le temps d'attendre qu'elle me contacte, voir qu'elle ait quelque chose à me dire, sait-on jamais... là elle vient encore une fois de me m'envoyer sur les roses alors que je lui propose de l'aide pour son déménagement, et pendant ce temps je suis toujours sans logement avec deux enfants, je crois que c'est en train de me gaver en fait cette situation, je crois qu'elle me gave, je vais pas mieux qu'elle et j'essaye de l'aider, je ferai mieux d'appeler cette fille sympa juste pour voir... mais non, je suis dans la dévotion, elle me gave mais j'arrive à pas lui en vouloir assez pour attendre de la revoir, bien que je sais déjà que demain elle va annuler ce rendez-vous au dernier moment, me dire qu'elle est pas bien...
tiens elle revient chatter là maintenant tout de suite, peut-etre qu'elle s'en veut, ah non elle est dans l'autojustification, et moi je commence à avoir un peu la mort, je crois que je commencer à caler et l'entendre dire "je ne veux pas me sentir assistée" ça fait un peu mal, je veux essayer de l'aider, je n'attends plus rien, j'ai compris, je lui dis que je reviendrai plus la squatter une fois qu'elle sera installlé dans cette colloc oû je devais aller au départ
moi je ne sais pas oû je vais, je commence à regarder les maisons en location, à 30 bornes d'ici, l'isolement ne me fait plus peur , je sais que c'est mort maintenant, que comme retrouver du boulot après 45/50 balais, retrouver une nana quand on a deux gosses c'est plus tellement évident, et finalement coucher avec des filles qui seraient tentées par un vieux type de plus de 40, pour le supposé petit plus d'expérience, celle là vont etre bien déçues, dire qu'avec elle je croyais qu'on était au delà de tout ça, et comme j'ai écrit à la mère de mes gosses, pris d'une colère immense "dire que je t'ai aimé..." et oui un jour on réalise que les enjeux ne sont plus les mêmes, que l'ont se sent piégé, qu'elle te dise qu'elle se sent envahie, ce que toi tu va interpréter forcement comme "ok ok je vois le truc, elle flippe, elle voit bien que je me suis projeté hyper loin, dans le fond ce serait moi qui ne supporte pas la solitude, et bien je vais aller l'affronter pour de bon, enfin je ne serai jamais vraiment seul maintenant qu'il y a les enfants, mais je ne l'attendrai plus, elle, maintenant elle va pouvoir se poser et si jamais au cas oû elle sait oû me trouver

internet nous a appris l'immédiateté dans la communication, la juxtaposition des solitudes et le grand déballage du vide, ce soir j'ai commis une gaffe tellement énorme que je n'en reviens pas, en croyant vouloir l'aider en lui donnant le contact mail de son futur colloc, j'ai laissé le contact dans la boucle, je l'avais entré pour le garder sous les yeux et là il se retouve embarqué dans quelque chose de très personnel, rapport à son mal être à elle qu'il ne connait pas encore, je ne pouvais pas faire pire comme gaffe, je ne pouvais pas la mettre plus mal à l'aise, et c'est cet outil qui permet ce genre de situation, comme la nuit d'avant hier oû j'ai envoyé deux textos en même temps, à elle et à la fille sympa, tellement je suis empetré dans ma connerie, tellement je surcommunique dans l'impatience, tellement l'attente et le fait d'affronter la solitude sont insupportables
je sais maintenant qu'elle ne voudra pas me voir demain, que déjà les rapports sont biaisés, parce que je me suis cru utile, parce qu'il fallait une raison valable de lui écrire, alors que j'étais blessé ce matin qu'elle me rappelle qu'elle n'a pas besoin d'etre assistée, parce que j'ai mis la journée à comprendre que c'était comme ça qu'elle le vivait, que ça me plaise ou non, qu'on est deux, que je ne changerai rien à son état qui du reste ne découle pas de ma sur-présence dans sa vie, que je ferai mieux de trouver un logement et vite, dormir, prendre soin de moi comme elle dit

ce soir j'ai très envie de mourir, j'ai essayé déjà il y a longtemps, avant internet, quand il n'y avait que le telephone fixe, quand les journées étaient insupportables de lenteur et que les gens revenaient dans ma tête comme pour me reprocher encore et encore d'etre resté en vie jusque là
il fallait en sortir, il fallait arreter la machine, stopper la pensée à tout prix, aujourd'hui je sais que c'est ce qu'elle traverse et je continue de vouloir lui parler, je m'impose à elle, c'est encore pire que le silence, ça ne laisse aucun répit, et elle va finir par le faire si je ne disparais pas au plus vite
ça va etre long le travail demain, un démontage dans le froid, dans des conditions de sécurité bien limite, voir inexistantes, et surtout il va falloir supporter les autres, les plaisanteries homophobes, la politique de comptoir, tout ça pour moins de 160 euros les deux jours

comme le dégout de soi devient envahissant je ne vois qu'une seule issue: la fuite en avant, le matériel de musique ou la pornographie pour m'oublier
il faudrait que je sorte de cet écran mais je continue de taper sans relache, comme si je laissais une lettre aux amies avant de me foutre en l'air
alors que je devrais voir la fille sympa ou chercher un sauna gay pour enfin aller me faire mettre bien comme il faut, comme si ça allait tout solutionner, mais je sais que ça ne fera qu'empirer la paranoia, que mon rapport au sexe reste lié à quelque chose de mal, qu'on fait en cachette et ou il en faut toujours plus, c'est surement quelque chose qu'elle a ressenti et qui lui rappelle son trauma à elle, le viol, le dégout de soi, les gens qui détournent le regard, la famille qui occulte, le déni au final, si elle a trouvé la force de faire quelque chose de sa vie je vais essayer de ne pas l'en empecher, j'ai bien assez déconné comme ça, je dois disparaitre maintenant, ne pas laisser de trace, me faire oublier tout simplement, sinon je vais la perdre

aujourd'hui pas si pire: un démontage entre gueux, la fraternité virile, une fille dans l'équipe, des conversations auxquelles je voudrais échapper, j'y reveindrai, et puis retour à la base, je dépose la fille au métro gare de venissieux, je n'ai même pas envie d'elle, pas là, en tout cas pas aujourd'hui, elle est jolie pourtant, et sympa, elle est hollandaise, la bonne quarantaine, profil idéal en fait, mais je rentre à la base, avec des tapis de danse, des trucs à faire, et puis je vais voir la femme de ma vie, future intermittente, et puis finalement c'est trop short, des trucs à faire ici, le temps du trajet on va se voir 15mn, on se dit ok plus tard, elle a un truc de prévu, un concert, elle ne me propose pas de venir évidement, plus tard après la douche je regarde ce que c'est le concert, c'est une perf musicale d'une ancienne copine, l'ex d'un ami, une ancienne des beaux arts qui est restée scotché sur lui, il les a eu toutes , je suis resté là à regarder des années durant, aujourd'hui ça ne me fait plus rien, j'en connais bien d'autres, des filles, et donc non pas envie d'aller à ce concert performance, pas envie qu'elle soit génée que je l'accompagne, je me suis fait mon idée depuis longtemps sur la scène underground rhone alpes, ça me rappelle surtout ce festival qu'elle organisait à clermont et ce pote qui derrière "son" bar taillait notre groupe en se faisant mousser devant headwar, les stars du week-end, comme ça me parait encore plus ridicule maintenant
un coup de fil d'un ami, un ou deux liens vers de la musique, on parle de john fahey, chet atkins, et marisa anderson, le rapport qu'ont les filles à la musique, comment elles sont trop souvent là juste pour faire partie d'un groupe de personnes, comment d'autres défendent bec et ongles leur envie de faire par elles mêmes, j'avais bricolé une reverb et un delay avec de la récup, j'avais voulu lui offrir, elle m'a simplement dit qu'elle était génée, que c'était gentil mais qu'elle aurait préféré que je lui montre juste comment le faire elle même, et je ne suis pas bien doué, enfin c'était mon premier cadeau, elle n'en a pas vraiment voulu, parce que c'était un cadeau peut-etre, peut-etre qu'elle s'est une fois de plus sentie niée, comme un réceptacle de mon exploit: regarde comme je suis trop un geek, et toi tu sera à la limite l'artiste expérimentale avec ce que JE t'aurai bricolé, mais ça ne marche pas comme ça, j'ai du me séparer d'une fille qui, à force que je drive tout: compos, répétions, matériel pour jouer, enregistrer, a fini par oublier qu'il fallait aussi qu'elle travaille l'instrument, que j'avais choisi pour elle d'ailleurs, une erreur que je ne referai pas de si tôt, d'ailleurs je ne pense pas rejouer ces chansons, c'est peut-être une porte de sortie de plus pour en finir avec ce personnage, et je n'aurai surement jamais les couilles de jouer comme marisa anderson, avec juste un ampli, un jack, une guitare electrique et des doigts, c'est bien trop tard maintenant, et comme le reste, ça m'apprendra

et si je te parlais de roberto culligan maintenant, comme ça c'est fait. donc un jour on étais trois dans la forêt pas loin du village oû l'on a grandi, on était assis là à raconter je ne sais plus quelle conneries, je devais avoir 12 ou 13 ans et eux pas beaucoup plus, il y'avait un bruit dans la nature, surement une machine pour le bois je me dis maintenant, et puis l'un deux a commencé à dire, "putain vous entendez" ou un truc comme ça, c'est roberto! alors j'ai demandé qui c'était, et tout a pu commencer bien tranquille: roberto culligan, l'extra terrestre, si je n'en parlais à personne j'allais bientôt pouvoir le rencontrer, et tout en sachant dans le fond que ça ressemblait quand même à un gros canullar, c'était tellement énorme que j'ai attendu de le rencontrer. la suite s'est déroulé en un après midi, on est partis de la maison des parents d'un des jeunes du village, j'avais les yeux bandés, impossible de savoir combien ils étaient, ils m'ont emmené, ça a été long, si ça se trouve on a fait plusieurs fois le même parcours dans un sens different, puis on est arrivés dans ce qui semblait etre une écurie, puis on m'a fait monter à l'étage, et là quand j'ai pu retirer mon bandage, il y'avait le fameux roberto culligan, en fait le jeune en question de chez qui on était partis, il s'est mis à me dire je ne sais plus quoi, les autres étaient cachés mais je pouvais les entendre se retenir de ricaner, entendre les chuts! à voix basse, et puis roberto m'a demandé de me masturber, il y avait une pauvre revue genre playboy ou new look, et je me suis executé, en même temps qu'il m'ordonnait "je veux voir couler ta semence!" et c'est parti en un éclat de rire, tout le monde s'est pointé pour se foutre copieusement de ma gueule, et puis la fete s'est terminée comme ça, tout le monde est parti, j'ai voulu suivre les copains, enfin ceux qui étaient sensés être les copains du village oû j'ai grandi mais ils tracaient et me rejetaient en rigolant entre eux, voilà cette fois c'était clair, eux étaient les fils des paysans du coin , moi et mon père on habitait un logement social dans le bourg, pas la peine de tirer plus de conclusions, c'est comme ça que ça se passe à la cambrousse, quand il y a eu cette cabane sur le terrain de cette famille, pourtant des amis de mes parents, je n'étais pas sensé venir, tout comme ce copain, nous on étais tenu de rester en dehors, pourtant ses parents étaient de gauche, du parti radical de gauche, son grand père avait été maire, instituteur, des gens cultivés, surement plus que nous, des prolos de firminy, bref

en chattant avec elle de 19h40 à 01:11 j'ai retrouvé des sensations, les sensations, c'est à peine racontable, comme de jubiler de la voir connectée juste là en ce moment, réécouter ariel pink, brainiac, et même les cure, en se tortillant comme une fille, en habillant ma gosse et le petit frère avant d'aller à l'école, je repense à tous les signes qui pouvaient nous trahir, nous autres entre mecs, notre homosex latent, mais toujours là, qui devait amuser les filles bien des fois, et nous on ne voyait rien, on ne voulait pas voir, mais on se désirait en secret, comme je continue de la désirer, elle, bien qu'elle le sache on continue de se voir, on est bien là, même quand on est mal, parce moins seul, et si c'était elle qui me prenait le cul avec le gode de mon ex je serait peut-être allé au bout de la boucle, mais il parait que le propre des fantasme est de ne jamais les réaliser, alors je vais continuer à me déhancher comme une demoiselle, avant de sortir parce qu'une fois arrivé dehors, puis devant l'école faudra ne plus rien laisser transparaitre, comme au travail, comme à peu près partout, rien que pour qu'on me laisse tranquille, c'en est presque comique comme c'est triste, mais ma sexualité a toujours été d'autant plus forte que lorsque je gardais un secret, ou que j'étais hors du monde, avec quelqu'un d'aussi perdu que moi, ou seul et absent au monde, pas grave, comme disait un vieil ami je n'ai tué personne, et je vais retrouver les gens petit à petit, peut-etre comprendre ce qui s'est passé, il faut pas trop que je traine, une amie que je n'ai pas revu depuis 2001 est décedée il y a peu, et je n'aurai pas eu le temps de la revoir

elle: tu es arrivé au bout de l'hétérosexualité?
moi: peut etre bien oui, comme si y' avait un avant et un maintenant
elle: asexualité ou homosexualité?
moi: plus la même façon d'envisager le célibat, un peu les deux ou ni l'un ni l'autre
...

Et puis voilà, comme elle m'a envoyé ce qu'elle a écrit, ce qu'elle appelle son auto-fiction, que je viens de lire là maintenant, juste après m'être relu et avoir tout corrigé, je me sens bien limité comparé à elle, hier soir elle me disait que le ton de la newsletter la saoulait, comme j'étais content de trouver quelqu'un avec qui partager ce ressenti, ce matin en partant de la crèche pour rentrer ici on m'a appelé, ce pote qui doit récupérer son flis à 11h30, mais je suis déjà en route et il ne m'appele que lorqu'il est coincé avec ses gosses, leur mère c'est pareil, non là je suis en route, maintenant il est onze heures et je continue ce que j'ai à faire, je sais pourquoi la mère de mes gosses m'a quitté, je ne vais plus me raconter de conneries, et en lisant ce que je viens de lire, l'auto-fiction et ce père absent, j'ai pensé à ma fille forcément, et à elle non plus je ne vais plus lui la faire, c'est trop tard
il y a un avant et un maintenant donc, le reste j'y reviendrai plus tard, ou pas, ce que je sais c'est que ce soir elle viendra peut-être et il se peut que nous serons seuls ensemble au milieu de tous ces gens, seuls mais ensemble, c'est déjà ça, enfin pas ensemble au sens oû on l'entend mais qu'importe, et puis je veillerai à m'éffacer pour qu'elle puisse parler à tous les autres, qu'elle ne se sente pas accompagnée, introduite dans cet endroit oû elle a toute sa place depuis avant bien des gens ici même aujourd'hui, cette place au monde, la laisser exister, autant que possible
elle est aussi violente qu'elle est fragile, je ne l'ai jamais vu partir en couille avec l'alcool, le trou noir comme elle dit, pourtant on m'en a parlé, mais je connais les gens et ça j'y reviendrai
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 12 Avr 2018, 12:56

voilà c'est donc reparti, et ça commence par une "interlude" (le terme n'est pas de moi mais maintenant on saura que tout ce qui brille n'est pas d'or)
j'ai croisé quelqu'un que je connais depuis longtemps par hasard ce matin en traversant la saone, on a échangé un peu sur nos séparations respectives
et quand on a parlé de st etienne on en était à 8 personnes décédées depuis qu'on y habite plus,
rien qu'en y repensant j'en ai trouvé une 9ème, lui s'était defenestré
je devrais arreter là je vais recommencer à flipper de sortir dans la rue

https://artisteinconnu.bandcamp.com/alb ... te-inconnu
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 12 Avr 2018, 20:41

le texte de ce matin, l'interlude donc

Alors voilà c'était l'intro , donc l'intro finit en 2016, je suis sur le magnétophone de mon téléphone avec le bruit d'un chantier à côté
j'aurai du mal à retranscrire et j'imagine bien qu'on puisse me pister avec mon téléphone et qu' on sait partout oû je vais et partout oû je suis allé
j'avais parlé de cette fille dans cette intro et de ses trous noirs auxquels je n'avais jamais assisté jusqu'à que je l'ai vu vouloir se jeter dans la saone après etre sortis complètement torchés d'un bar
je venais juste de rencontrer quelqu'un, j'étais passé à la suite des évènements et cette rencontre, quoi que je puisse en raconter, ça ne sera pas là dedans
certainement pas au téléphone
et voilà je pensais à plein d'autres choses, je pensais à la fois oû j'ai balancé un copain pour une mobylette volée, assis dans l'estafette des gendarmes en 1987 ou 8
les gendarmes étaient venus me chercher et sur la banquette de l'estafette des gendarmes j'avais balancé mon pote
ils m'avaient dit si tu ne nous dis pas qui a volé cette mobylette nous on dira que tu regardes des films porno chez ton pote
donc ils savaient que j'étais mineur et que je regardais des films porno chez cette personne
ils devaient surement aussi savoir que j'étais adopté, tout le monde dans le village savait que j'étais adopté surement
mais mon père me l'a appris le noel 2016
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 12 Avr 2018, 21:40

je ne pourrai jamais passer à la suite sans dire que ce soir là dans ce bar je lui parlais de cette fille que je venais de rencontrer sur adopte
le hasard total, je m'étais reconnecté pour voir le profil de mon ex, et je suis tombé dans son panier l'instant d'après
je l'avais tout juste rencontré donc et ça a été tellement cash, pas en mode tabata cash justement mais en mode voilà ma vie c'est à prendre ou à laisser
dès la première rencontre, et c'est bien de ça dont je parlais dans ce bar, pour resituer donc
quand on est sorti, je ne retrouvais plus la caisse, et on a marché et j'ai commencé à prendre des tours et là elle s'est mis à me pourrir comme jamais on ne m'a pourri
"mais ta gueule!!! mais dégage!!! tu dégage!!!"
je l'ai raccompagné jusqu'à ce qu'on ait traversé la saône puis le rhône en me faisant insulter sur tout le trajet, en tentant de la calmer mais pas moyen
quelque chose dont j'avais et elle avait besoin peut-être? elle est passé le lendemain pour s'excuser
on s'est revu un peu par la suite, depuis elle n'est plus dans la ville, elle est enfin passé à totalement autre chose et ça doit surement lui réussir

je vais pouvoir maintenant parler de l'avant puisqu'on est maintenant, et que je suis toujours avec cette fille que j'ai rencontré
puisque c'est elle qui m'a dit au bout de plusieurs semaines "sois l'acteur" et je n'ai pas à en dire plus
aujourd'hui le porno au pire je trouve ça ridicule, en tout cas c'est derrière, comme pas mal de choses au passage
ce qui est sur c'est que je parlerai pas de notre relation, mais que je commence juste à comprendre d'oû je viens
et l'homosex dans tout ça, j'y reviendrai, la seule expérience complètement assumée aura juste eu pour effet de réaliser que c'était seulement ça
ce jour là j'aurai pu recommencer direct par la suite mais finalement sûrement je n'étais pas à ma place
est ce qu'une fille peut enchainer comme ça tant qu'il y a des mecs dispo?
il n'y a que dans les films qu'on voit ça non?
oû bien c'est juste que le mec était encore plus largué que moi
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 12 Avr 2018, 22:45

j'ai été, en tant qu'adulte, approché plusieurs fois par des hommes, à chaque fois c'était des potes que je voyais régulièrement, à l'exception d'un que j'ai carrément trouvé dans mon lit au matin et rencontré au cours de la journée, qu'on a passé seuls ensemble et je l'ai embrassé quand il reprenait la route
sur les trois autres, un m'a proposé clairement, j'ai refusé viscéralement, un autre m'a carrément fait un caprice comme quoi c'était trop injuste que je ne m'offre pas à lui, et le dernier m'a choppé par surprise, le temps que je hurle "arrète tes conneries", dire qu'il bandait ou non n'a que peu d'importance
ce qui a été étrange c'est de faire comme s'il ne s'était jamais rien passé juste après et pour toujours, comme un serment, comme le serment que mon père, celui que j'ai connu, à fait avec sa femme de ne jamais révéler mon adoption juste avant qu'elle meure, du coup j'y ai repensé dernièrement à ce qui est arrivé mais finalement je n'ai aucune rancoeur, il n'y a rien à pardonner en fait, il y a des pulsions et une pression sociale qui rend tout le monde malade, des gens qui se sentent non-malades et qui sont en réalité tout puissants et détruisent la vie des autres en croyant qu'il sont dans leur bon droit, alors que je voudrais juste vivre à peu près normalement dans un degré de folie tolérable pour mon entourage, on en est tous là
la dernière personne qui m'a fait vraiment hurler de rire est homosexuel, il s'est mis à me parler avec l'accent pied noir toute la soirée, c'était parfait
on m'a rarement mis autant à l'aise, peut-être qu'il faut voir quelque chose dans ce que j'écris là, chacun trouvera ce qu'il peut
et oui je vous parlerai de club échangiste en acceléré, la soirée gang bang ou je me suis retrouvé avec un couple: cette fille de la cinquantaine, j'étais le seul à la lècher, les autres attendait pour se faire sucer ou la prendre à la queue leu leu, quand elle a senti ma langue elle m'a dit "oh! quelle délicate attention", quand elle a voulu me sucer je ne bandais pas, voilà c'est un peu ça les clubs échangistes au final, j'ai vu rentrer des groupes de gens chics qui allaient s'enfermer dans une piaule, j'ai vu des faux couples faire le petit spectacle et nous qui étions là à mater, j'ai surtout le souvenir de ce mec que j'ai sucé, il m'a raconté toute sa vie de libertin, commercial qui trompe sa femme sur la route, il m'a proposé sa queue et j'ai du lui demander d'arreter de se branler pour la gober en entier, je lui ai demandé s'il allait prendre mon cul et il m'a dit que les capotes le faisait débander, pourtant j'ai bien pris son foutre sur le visage et la langue, j'ai réalisé des mois plus tard comme j'aurai pu en crever
voilà pour le libertinage, dans mon réseau underground merguez tofu une ex m'a raconté une partie à 3 dans l'ancienne friche, moi on n'est jamais venu me chercher pourtant j'étais pas loin, pareil pour les traces de coke, bref, dans le seul plan à 3 que j'ai vécu j'aurai juste été une pièce rapportée, c'est monsieur qui décide, ben voyons
dans tous les codes du porn celui qui m'a le plus parlé c'est le candaulisme, c'est comme se faire hurler dans la rue "j'baise ta femme dans ta voiture!" en allant à leader price, combien de fois je me suis torturé à me branler en imaginant ma copine avec d'autres hommes, et puis j'ai fini par refuser tout acte sexuel compulsif, plus aucune masturbation, et tout est revenu, en fait c'était simple, si aujourd'hui je savais taper des lignes de code je passerai ma journée à dézinguer des serveurs de porn et des sites conspis, déjà rien que la musique dans les vidéos sur les illumnati complot juifs francs maçon machin trucs faut être sacrément perdu pour rentrer dedans
malheureusement c'est sur ces critères qu'on fait le tri, et on peut appliquer ça à tout et n'importe quoi, les psys n'ont plus le temps pour les gens qui en savent trop,
la dernière fois en hp un jeune de 15 ans m'a tellement saoulé avec les anonymous que je cherchais juste à lui retourner le cerveau pour le faire tout remettre en question encore plus à coup de "et si.." et de "sauf que..." t'imagine j'ai jamais ouvert un bouquin de freud, mais j'aurai du aller en fac de philo ou science po, en résidence universitaire dans une piaule de 9 mètres carré au lieu de trainer avec des stars de l'underground stephanois top moumoute années 90, mais il faut croire que le couple comme cadre et simplement exister uniquement par rapport à un groupe social ont suffit pour me convaincre de ne pas évoluer puisque déjà à 20 ans je n'avais plus rien à apprendre... quelle connerie! 4 ans plus tard rien que pour détruire l'ennui je suis parti en stop voir l'océan que je n'avais jamais vu, j'ai traçé jusqu'à paris puis jusqu'à londres en ferry piéton, grande virée en stop à la belle étoile, puis je suis rentré à st etienne une semaine plus tard, personne n'avais remarqué que je n'étais pas là...
à cette époque qui me parait maintenant si loin il n'y avait pas internet pour crier qu'on est toujours en vie
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 12 Avr 2018, 23:20

parlons hopital psy maintenant, la bouffée délirante en 1997, je pense qu'ici c'est la partie sensible car la plupart des gens feront mine de trouver ça trop triste et trop choupinou mais en vrai ils se foutent de toi quand tu leurs dit que tu crois qu'on parle de toi dans des disques
peut etre que c'est au niveau de l'assimilation des informations, le sens cognitif, la gestion des émotions qui est en jeu dans ces moments de crise
quand on a passé la moitié de sa vie à la vivre en cachette, c'est comme si on découvrait la caméra au coin de la rue, celle qu'on avait pas vu en arrivant sur les lieux du crime, mais c'est trop tard, combien de fois je me suis surpris à me demander si j'avais dis ce que je pensais à voix haute, si les gens avaient entendu ce que j'avais ressenti, et pour de longues périodes j'ai fini par tout simplement me taire, ce serait trop long à développer en one shot ce soir et ce qui est drôle au final c'est qu'en société les gens qui prenent toute la place, on finit par ne plus les écouter, on ne voit plus que ceux qui ne parlent plus, ceux dont on aimerait bien connaitre le fond de la pensée, ceux là, celles là, sont les personnes qui vous guérissent parfois, les autres ne font que vous donner un traitement ou vous ranger dans une case qui les arrange selon le contexte
donc parler de troubles psychiatrique quand on a aucun suivi puisque le public est saturé et qu'entre un rdv psy et le travail il faut choisir et moi je n'ai pas le choix, c'est un peu comme parler d'amour quand on sait qu'on peut passer plusieurs mois , années, sans le moindre baiser, sans la moindre caresse, et les journées sont d'une lenteur interminable et on finit de s'auto mutiler, la pornographie représente 75% de la navigation internet journalière, elle est l'illusion que nous sommes tous des êtres égaux et baisables, d'autres moins égaux et d'autres carrement imbaisables mais tant pis pour eux
il n'y a pas assez de chansons qui m'auront parlé sur le sujet indirectement ces 20 dernières années, ce qui m'a conduit à la haine et la volonté de destruction totale
la frustration sexuelle, le fait de ne pas être en mesure de différer mes désirs, la satisfation immédiate, au point de ne plus considérer l'autre comme sujet existant, ou à la limite comme récompense d'un effort, une attitude de sociabilité positive
tout celà ne fait plus sens dans l'addiction, et comme cette addiction est un secret, le retour au monde du dehors, à la vie sociale entretien la schizophrenie et le sentiment paranoiaque, comme un système de défense, comme vouloir détruire le moindre indice qui permettrait de remonter à la source même d'un plaisir coupable, tout en réduisant à néant la moindre possibilité de plaisir véritable, vécu comme réellement voulu et assumé
pas besoin de sortir de st cyr au mont d'or pour comprendre, si en une femme je vois seulement un corps interchangeable pour satisfaire mon désir, c'est que le pouvoir de l'image, l'auto conditionnement, la fascination de l'image ont fini par me faire m'oublier en tant que sujet tout en me laissant frustré puisque
incapable de me satisfaire, puisque je n'en aurai jamais assez, on peut appliquer ça à toute la société de consommation dans la globalité, qu'on soit geek ou juste pétasse, qu'on cède régulièrement à des achats compulsifs quitte à se faire braquer par sa banque, qu'on reste scotché sur les réseaux sociaux quitte à ne jamais trouver une réelle consistance en soi ou dans les être humains réels, au point de ne plus les voir, ne plus avoir à leur parler
parade efficace et bien pratique de l'évitement en attendant la mort
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 12 Avr 2018, 23:46

et pour ce soir parlons adoption, truc de malade, monde de tarés
je suis né en 1973, l'IVG est apparu en 1975 (et le RMI en 1989)
lorsque mes parents m'ont adopté je n'avais pas un an, ma mère adoptive était déjà bien atteinte de son diabète et voulait quand même un enfant
ils ont voulu quand même chercher à contacter ma "famille biologique"
l'administration leur a répondu que les dossiers étaient détruits, mais c'était faux! peu de temps après que je découvre que j'avais été adopté j'ai posté un message sur un forum: la bouteille à la mer, et un membre m'a répondu, peu de temps après j'ai pu découvrir des documents d'époque, pourtant le mot d'ordre dans l'administration était que les dossiers etaient détruits, probablement pour protéger les notables, prefets et autres députés qui baisent des gamines sans capote
sur le dossier de mon adoption il est écrit à propos de ma mère "femme aux moeurs légères"
j'ai été abandonné pour pauvreté, et c'était une liaison adultère
voilà, j'ai rencontré ma compagne deux mois plus tard et pas besoin de vous dire que je n'ai pas eu beaucoup de mal à abandonner totalement la pornographie par la suite
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 13 Avr 2018, 10:00


aujourd'hui je travaille sur un montage de concert à la préfecture, je pars avec Bâton et TDC dans mon telephone, pas d'auto fiction dans le casque camisole
une carte d'identité périmée et ma sale gueule de batard, il me manque une dent, elle s'est déchaussée à force de me mordre la lèvre la mâchoire crispée
"...tue
tue là
tu
tu l'as
pour toi tout seul
à main armée
crispé!!!"
(la mâchoire)

"les trottoirs ne sont pas assez grands pour moi
et les gens ont toujours appris, à s'pousser pour me laisser passer
mais pourquoi tu m'regarde comme ça?
j'suis pas du genre à partager
mais qu'est ce qu'il faut qu'je fasse?
"..."
non
j'ai pas envie de te ressembler
je n't'écouterai pas
je n'regarde que moi
"..."
on va tout repeindre en noir
jusqu'à ce qu'on ne puisse plus rien voir
alors plus vite
plus rien
de toute façon
c'est pas moi qui ai commencé
ça m'brûle les mains
j'en ai jamais assez"
(bâton)
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 13 Avr 2018, 10:28

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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 13 Avr 2018, 12:33

encore peu de temps pour parler du docteur Froissard au pavillon psychiatrie de l'hopital Bellevue
le mec devait largement dépasser les 100 kilos et roulait en 405 coupé, il m'avait proposé un protocole pour tester un nouveau médicament, je lui ait répondu que je ne suis pas un cobaye
je suis revenu après une tentative de suicide et deux jours de coma, la vision que j'ai eu en revenant était clairement la pochette du live d'Iron Maiden "live after death 1985" et pourtant ce n'est pas moi qui ai écrit l'insurrection qui vient, va comprendre
donc de retour à l'hosto ils ont voulu me passer au lithium, j'ai refusé en disant que je ne prendrai pas cette merde et j'ai jeté une boite de bonbons La Vosgienne sur le mur, une boite de pastilles qu'avait ramené mon père, il ne restait plus que lui pour venir me voir à l'hopital
ils m'ont attaché pendant 3 semaines, complètement éteint aux neuroleptiques, je n'en revenait pas quand mon père me l'a dit
quand on me laissait sortir et que je voyais le docteur Froissard et que je lui parlais il s'endormait pendant la consultation, surement sortait-t-il d'un repas bien copieux, un peu comme un Serge Dorny avec un Gerard Collon mais en moins cher quand même j'imagine, je trouvais ça toujours plus affligeant, et je retournais dans ma chambre avec le lit fixé au mur et les fenètres vissées
la seule chose qu'on venait vérifier c'est si je voulais prendre ma douche, pour le reste le fameux docteur Froissard pendant un consultation m'avait dit un jour vous devriez écrire tout ça... et oui on est en 1998, j'ai perdu tout le monde à st etienne et je suis devenu un fantôme, quand je rencontre une fille qui vit dans un foyer Sonacotra et travaille dans un bar à champagne, que ça me fait souffrir, on me traite de petit macho, la même personne que je vénérais, la même qui a fait les premier shoots à une autre que j'ai aimé, et oui la vie est étrange parfois, j'espère qu'elle me lira et pourra se reconnaitre, je n'en ai plus rien à foutre des boniments féministes faciles, je sais d'oû je suis revenu, d'autres ont bien moins de dents que moi aujourd'hui
ce vieil ami que j'ai revu 20 ans après, celui qui m'a emmené aux urgences psy la première fois, lui m'a dit "tu n'as tué personne",
il m'avait dit aussi "les lieux alternatifs ont une protection, c'est le monde de la nuit", voilà plus rien à ajouter je pense
parlons prostitution maintenant, en 1998 je suis monté sur Paris rejoindre une fille qui était partie travailler là bas, elle avait un logement gratos et je ne pouvais pas rester la journée, du jour au lendemain elle avait la chatte rasée
j'avais arreté mon traitement à l'époque, j'ai commencé à trouver ça louche et c'est parti en vrille
j'étais prêt à la rejoindre sur Paris cette année là, j'avais fait une semaine à l'essai dans un cabinet de traduction et ils ne m'ont pas gardé, forcement je ne savais pas me servir d'un ordinateur sauf pour taper des chroniques de démo K7 pour le fanzine des copains, K7 des groupes qui ne joueraient pas ici pour la plupart du reste
bref pas de taf pas de logement et une fois à la rue j'ai tenté de remonter pour réparer, j'ai dormi sur le palier dans le hall de l'immeuble, je ne sais plus quand mais tout est loin aujourdhui
je trainais dehors, cette année là j'ai eu l'héritage de ma mère adoptive en direct, celui de sa mère en fait, je ne sais plus combien, quelque chose comme 60000 francs
j'ai tout cramé cette année là, je suis monté jusqu'à Edimbourg avec une 125 DTLC pas assurée, j'ai cassé le moteur vers bradford, continué en train en fraude, en stop
j'ai déboulé au petit matin chez le guitariste d'un groupe qui était mon idole, on s'est retrouvé dans un pub et je ne comprenais même pas qu'ils étaient tous préoccupés, l'accent écossais quand ils parlaient entre eux à cette vitesse impossible à suivre, et je pensais au moteur de la 125, finalement je suis reparti et redescendu jusqu'au ferry piéton, retourné en france juste pour retirer du cash et je suis remonté chercher la moto, tout celà me parait très loin maintenant et il ne me reste que les disques de ce groupe, je les ai tous, le guitariste sortait à l'époque avec une fille de st etienne, elle m'a reproché d'etre monté là-haut, que tout le monde était inquiet, et je me suis suicidé peu de temps après, vidé tout le bar et toutes les boites, chez mon père, et c'est un copain de classe de primaire qui m'a emmené à l'hosto
période de nimp intégral, quand je trainais à paris j'ai du lâcher 2000 francs dans un bar à hotesse, j'ai vu un couple baiser en live, le fameux peep show, comme ils avaient l'air de se faire chier quand j'y repense, pourtant je n'ai jamais payé une prostituée, mais j'allais dans les salles, cabines etc pour mater du porn, c'était l'époque MST, le fameux Popix avec le mec qui dit à la fille "pense à 3000 francs quand tu le suce ma chérie" et elle qui se marre, j'étais completement à côté de la plaque à l'époque mais je n'ai pas payé pour une prestation sexuelle, ça je le sais, pourtant je n'avais encore jamais sodomisé personne, et quand une fille m'a branché rue St Denis j'ai fini par lui demander si elle acceptait la sodomie, elle m'a répondu oui, j'ai hésité et je suis reparti, c'était une noire qui avait l'air plus agée que moi, et quelque part c'est peut être ce qui m'a retenu, un retour au réel en sorte, quelque chose d'impossible à assumer, quand je vois tous les camions le long du terrain millitaire à gerland aujourd'hui je me dis qu'au moins je n'ai pas ça à regretter
et puis est arrivée cette fille qui descendait la rue en larmes en parlant toute seule, elle avait l'air jeune et était à moitié à poil, bas résille blancs, corset et manteau, tout le rimel avait coulé, je l'ai arreté pour lui demander "hé tu vas oû? " elle s'est calmée un instant et on est allé se poser dans un bar
si je dis que je n'ai pas pu en placer une c'est bien se qui s'est passé, et d'autant plus parce que je ne pouvais pas la ramener cette fois-çi
une fois calés dans le bar elle a assez vite passé sa cuisse par dessus la mienne mais elle s'est arreté net en comprenant que ça ne venait pas
et un flot inintérrompu de paroles s'est écoulé, on est sorti du bar et allé à son hotel oû elle s'est fait jeter violement dans la cage d'escalier par le taulier, si je m'étais interposé peut-être que je n'aurai plus de doigts pour taper ce matin, bref on a bougé pour trouver un autre hôtel pour se poser
je ne sais pas si elle est encore en vie à l'heure ou j'écris ces lignes, la chose dont je me souviens, en plus de ne toujours pas savoir si c'était bel et bien son vrai prénom, c'est qu'elle m'avait dit avoir été échangé à un groupe de mecs contre de la came par son copain, dans une cité je ne sais plus laquelle
elle était belle et bien amochée psychologiquement, et tournait au subutex, finalement au petit matin on a fait l'amour, épuisés, elle ne m'a pas demandé d'argent et c'est la seule personne qui m'ait sucé avec un préservatif, il y a des garçons qui en mettent deux quand ils prennent une fille qu'ils connaissent bien pourtant, ça dépend de la fille et ça dépend des garçons j'imagine, cette fille là je ne la retrouverai jamais, je lui ai proposé de me rejoindre à st etienne, quand je suis sorti pour acheter de quoi manger elle avait disparu de la chambre d' hotel, voilà, fin de l'histoire
sur cette période j'ai embrassé en sortant d'un train une fille quelque part en Angleterre une fille qui partait pour se faire hospitaliser, jamais revu non plus
rencontré aussi une fille dans la rue, punk squatteuse en clochardisation, rdv au métro pour la retrouver et finalement je suis rentré à st etienne
mon père m'a convaincu de lâcher ce taudis impasse de la franche amitié, et je suis parti, c'était pendant la coupe du monde 98, monde de tarés je te dis
retour à la case départ rue de l'épreuve, refaire de la musique et dernière rencontre, intérim, ferraille, machine à café, 3000 kilomètres en stop et puis la possibilité de partir de st etienne, enfin, et elle comprend qu'elle ne sera pas du voyage, et elle vrille, elle me le fera payer, 7 années durant jusqu'au jour ou une amie avec qui j'ai joué vraiment et pourtant jamais couché, m'a dit que c'était sa vengeance, me tenir avec le sexe et moi j'y retournerai comme un perdu
la dernière fois que je me suis retrouvé sur son clic clac je lui ait demandé, elle m'a répondu "oui peut-être" et je n'ai plus jamais cherché à la revoir
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 13 Avr 2018, 17:12

mais venons-en aux fait, que marine le pen soit une femme ou que florian phillipot soit homosexuel je m'en contrecarre en fait
je me suis fait dépouiller peu de temps avant de partir en bouffée délirante en 97, et oui des lascars, pourtant je partais du local avec un tas d'affiches sous le bras
une photo de jean moulin "il n'est pas mort pour rien", il se préparait une manif contre la venue de bruno maigret à st etienne et ça les lascars n'en avaient rien à foutre, ils m'ont demandé des feuilles dans la rue et proposé de fumer un pet dans une autre traboule, puis ils m'ont dépouillé, faut pas réver, l'angelisme est une notion de blanc qui n'a pas bien pris conscience de la réalité du gars de la rue, et quand je sortais jusqu'à la caisse d'épargne pour vérifier l'état de mon compte ou tirer un billet de 100 pour acheter de quoi bouffer à l'épicerie le soir qu'est ce que je croyais?
un truc en revanche, quand je suis arrivé au bar l'état de choc était tel que j'ai eu du mal à donner mon identité pour faire opposition
quand on parlait de moi on ne disait pas mon prénom dans la famille, on disait "le petit", mais bref bouffée délirante, ma mère n'est pas morte, on l'a enlevée etc
je me suis fait braquer une guitare et une basse par un gars qui me vendait du shit l'année suivante, quand j'ai compris que c'était lui je suis allé sonner dans son quartier chez sa mère, le soir même le gars déboulait en me suppliant de ne pas porter plainte, le mec avait du sursis et un ancien pote à lui m'avait dit à l'époque: tu devrais le trainer aux flics pour qu'il comprenne, mais rien à foutre en fait, j'ai retrouvé la guitare, que j'aurai du garder d'ailleurs mais pas la basse et si quelqu'un se la raconte sur une Westone rouge aujourd'hui qu'il essaie d'apprendre à en jouer et on en reparle
quand j'ai vu des skinheads qui n'avaient pas l'air tellement de gauche se pointer relever le compteur d'une fille qui tapinait sur le quai au niveau de perrache dans les années 90 déjà je ne comprenais pas bien, quand j'ai vu Soral un jour avec serge Ayoub et le lendemain avec Morsey je ne comprenais pas très bien non plus, pourtant l'équation est simple et la dialectique est compréhensible pour n'importe quel collégien du livradois forez ou de vaulx en velin, Jean Louis Costes déclare dans une interview ne pas se reconnaitre dans Soral et Dieudo, qu'il a des amis qui ont des enfants dans des écoles de confession juive qui ne dorment pas très bien, tu voulais le récupérer Alain? bien tenté mais dommage pour toi, dommage aussi pour toutes les salopes qui continuent de cliquer, ça ne marche plus désolé, et les vrais mécréants savent que l'argent n'a pas d'odeur, que les lingots dans les coffres en suisse viennent d'Israel ou d'Arabie Saoudite, de Moscou, d'Amerique du sud ou du nord, même de Corée pendant qu'on y est, ça ne me fera pas porter des fringues de biker et déguiser mon amoureuse en pin-up avec 4000 euros de tatouages, ce qui est sur en revanche c'est que quand les banlieues descendront sur le local des identitaires à St Paul y' aura pas assez de CRS, alors qui cherche une protection dans tout ça? ou est le complot? je ne trouve toujours rien sur internet hormis quelques infos au bout de 10 pages, et chercher sur 10 pages rien qu'en tapant le nom d'un site porno c'est long, pour le mariage gay la première page google n'affichait que des sites de droite si on tapait le terme "gender", monde de merde, ils sont toujours là en premier et ça finit par se voir, et finalement plus la peine de parler du danger de l'abstention, comme on pouvait le lire dans Zoo il y'a plus de 20 ans "les moutons ne risquent pas de se perdre, ils ne manquent pas de bergers" et pourtant c'était bien de lire king kong théorie d'une traite, ça m'a parlé c'est vrai, certainement plus constructif et épanouissant que de se branler sur Lara Croft
(damien) paulette
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 15 Avr 2018, 14:43

aujourd'hui je me repose et vous copie colle un texte, copiez collez le texte dans google et vous aurez le lien
bon dimanche

On vit tous, depuis plus d’un siècle, sur une ligne de crête : un pas de plus, un pas trop loin en trépignant dans son bon droit et on tombe dans le fascisme ou on le voit surgir subitement en soi, ou encore on le sent nous traverser comme un flux irrésistible et anonyme. C’est avant tout pour cela que nous tenons encore à employer le mot « fasciste ». On ne peut pas renoncer à employer un tel terme au nom de sa confusion avec d’autres formes peu sympathiques de politique (populisme, racisme ordinaire, autoritarisme classique…), puisque le propre du fascisme est justement de tout confondre, de tout mélanger, de tout ensorceler. Les affects fascistes ne sont pas solubles dans une logique de camps ou de classes. On les retrouve partout, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, en passant par de policés ministres de l’Intérieur ou du Budget prétendus de centre-gauche. Bref, parce que le premier danger est de découvrir le fascisme non pas en l’autre mais en soi : dans une pulsion raciste insoupçonnée, dans une subite fureur de destruction, dans le sentiment irrépressible d’un « tous pourris », dans une haine impuissante ressassant ses échecs répétés. De ce point de vue, le plus important, face au fascisme, est de se demander comment s’en protéger avant d’en accuser les autres depuis le bunker de sa bonne conscience, ou de pointer du doigt les nouveaux ventres féconds de la bête immonde. Même si Dieu sait — et il n’est pas le seul — combien les fascismes menacent aujourd’hui, partout : en France, en Hongrie, en Europe, aux États-Unis, de la Pologne aux îles Kouriles, en Syrie, en Égypte, en Israël, dans la péninsule amérindienne, en Norvège, au Pérou, chez les Tchèques, au sud des Abruzzes, au printemps, l’été même, parfois la nuit, en Turquie, en Chine, à Djibouti et au Kenya, partout. Mais commençons par tester nos propres capacités de défense véritablement non-fascistes. Michel Foucault a écrit en 1975 une flamboyante préface à L’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari qui s’intitulait « Introduction à la vie non-fasciste ». Tentons de lui redonner une forme actuelle. Une sorte de vade mecum par gros temps.
1. Remballe
Le plus souvent le fasciste, homme ou femme, a des couilles, et aime à le montrer. C’est même une façon assez simple de le repérer : il est amoureux de sa testostérone, il en laisse échapper des bouffées tout le temps. Ce n’est pas tant qu’il soit misogyne ou machiste — tout le monde l’est, au moins un peu, filles incluses — il est viriliste avant tout. Ce n’est pas tant qu’il soit violent — il y a des violences audibles, des colères qu’on aimerait voir se déclencher — c’est qu’il aime la violence appuyée à la domination et à l’humiliation.

Le machisme porte en lui le fascisme, certes, mais il ne l’égale pas. Non qu’on aime ces petites et grandes misogynies qui se cachent et s’infiltrent partout, dans des gestes, des oublis, des promptitudes à s’arroger des privilèges ou à signifier sa supériorité, mais le virilisme est autrement dangereux, autrement mortifère, autrement exalté par les vrais fascistes, ou par le petit fasciste qu’on a en soi. C’est un besoin de guerre. Pas un besoin psychopathologique ou enfantin un peu curieux, mais un besoin politique. Il réclame de pouvoir distinguer entre les couillus et les lâches, de fabriquer des frontières et des hiérarchies, de marquer son territoire et son autorité, à coups d’insultes, de cognes, d’intimidations. Marine Le Pen est du côté du phallus. À fond. Elle adore la guerre et trouve que celles enclenchées ne sont jamais assez fortes : la guerre à la drogue, la guerre aux étrangers, la guerre au Mali, la guerre aux islamistes (au nom de laquelle elle dénonce les projets d’intervention en Syrie, le très viril Bachar semblant mieux lui plaire qu’une incarnation fantasmée de son ennemi numéro un). Elle hausse chaque fois le ton, plus haut, plus fort. Car le (ou la) viril(e) fasciste adore se mettre en colère. Et il la tourne comme une puissance : ergots, grosse voix, tempête, vas-y je sors mon gun. La colère des dominés a une autre allure. Django (unchained) dézingue tout le monde mais ce n’est pas par virilisme. Il est en colère. Sa colère n’est pas du côté de la puissance, elle est du côté de la libération. « Ne tombez pas amoureux du pouvoir », disait Foucault. Être non fasciste ce n’est pas régler le problème de la violence, ni résorber l’inépuisable jeu des tensions minoritaires, c’est en finir déjà avec la virilité — en d’autres termes avec l’amour des hiérarchies et de l’autorité. Remballe ce phallus. Range-le donc, ce petit bâton avec lequel tu entends faire la loi. On a autrement plus important à faire.
Range-le donc, ce petit bâton avec lequel tu entends faire la loi. On a autrement plus important à faire.
2. Soyons précis
Ce n’est sans doute pas un hasard si l’auteur de « L’introduction à la vie non-fasciste » est en même temps celui qui a promu la figure de « l’intellectuel spécifique », attentif à des problèmes déterminés dans des lieux et des temps déterminés, contre celle de « l’intellectuel universel », soucieux avant tout d’énoncer une vision du monde vraie et juste pour tous. Car s’il est un trait dominant du fascisme, c’est justement d’écraser tout problème spécifique au nom d’un Universel négatif et personnalisé : le Cosmopolite, le Communiste, le Juif, l’Ennemi de l’intérieur ou l’Ennemi de l’extérieur. On pourrait appeler cela « la stratégie de l’épouvantail universel », consistant à la fois à fondre les grands enjeux économiques ou géopolitiques dans les problèmes privés de voisinage, et à élever ces mêmes problèmes au rang de nouveaux enjeux économiques ou géopolitiques décisifs. L’épouvantail universel est un monstre biface : sur une face on peut reconnaître son voisin le plus ordinaire, sur l’autre face l’étranger le plus lointain fomentant des complots épouvantables. Or on ne peut pas résister à une telle stratégie avec le simple espoir d’une justice ou d’une vérité universelles : à la fin, c’est toujours l’épouvantail qui gagne parce que la peur et la haine — presque toujours relancées par l’épreuve du réel — sont sur la durée des affects toujours plus puissants que l’espérance, presque toujours déçue. Quand on a peur de l’autre, ou quand on le hait, la première expérience que l’on en fait ne peut être qu’une confirmation — on connaît cela depuis nos premières expériences de compétition (sportive ou scolaire). Au contraire, le destin de toute espérance, toujours trop abstraite et indéterminée, est d’être sans cesse déçue — on connaît cela depuis nos premiers cadeaux d’anniversaires. Pour résister à de tels épouvantails, il ne faut donc pas opposer des idéaux absolus de justice ou de vérité, mais revenir à des enjeux singuliers et précis, préserver les différentes échelles de problèmes, sauvegarder le sens de l’autre qui n’est jamais tout ami ou tout ennemi.

Aujourd’hui, un tel épouvantail peut prendre plusieurs noms à majuscule : Islam, Libéralisme, Finance mondialisée. Il faut refuser d’y croire : l’Islam, pas plus que « le » Libéralisme ou « la » Finance mondialisée, n’existent. Au mieux existe une multitude de courants religieux musulmans, une multitude de conceptions du libéralisme, et encore des formes altermondialistes de financement de l’économie marchande et non-marchande. Combattre le fascisme ne peut pas revenir à combattre la peur par l’espoir ou combattre un épouvantail par un autre. Combattre le fascisme revient à combattre la peur et tous les épouvantails consubstantiellement imprécis par la précision et par la spécification des agencements et des luttes économiques ou politiques.
3. Commencer par soi
Postuler qu’on s’enrichit de la différence est une chose. S’auto-appliquer ce programme en est une autre. Tout se complique quand on rétrécit la focale sur son pré-carré, comme dans ces scènes de cinéma où la caméra survole une banlieue avant de se poser sur une boîte aux lettres. L’Autre — avec une majuscule —, évidemment qu’il fait partie de moi, bien sûr que rien ne me sépare de lui, si ce n’est les discours du pouvoir.
Mais qu’advient-il dans nos pratiques de tous les jours ? Le désir de l’entre-soi est en embuscade à tous les coins de rue : sur le chemin de l’école, du travail, des loisirs. Évidente dans les statistiques, la reproduction sociale devient invisible lorsqu’elle nous concerne. Les pauvres, les Noirs, les femmes voilées sont tolérés, ils peuvent même obtenir des droits. Mais loin de chez nous. Not in my backyard. Partager le même quartier, les mêmes écoles, le même travail, pas trop.
La tendance à recréer des frontières infra-étatiques, à l’intérieur même des quartiers, se traduit par l’émergence, dans l’espace médiatico-politique français, d’une nouvelle catégorie de personnes : les riverains. Les riverains sont des personnes qui vivent à côté d’un bidonville, désigné comme un « campement de Roms », qui ne sont pas plus racistes que ça, qui, à l’occasion, sont immigrées, mais qui sont, selon l’expression d’usage, « exaspérées » par leurs indésirables voisins. Exaspérées au point qu’un jour ou l’autre il n’est pas exclu qu’elles lancent un ou deux cocktails Molotov.

Pas besoin néanmoins que ça dérape pour apercevoir des tentations fascistes dans la banalité de l’arrière-cuisine des riverains : la nôtre. Les dérives de l’entre-soi, comme les décrit Georges Perec dans La Vie mode d’emploi, replient chacun sur son intérieur, la couleur de la moquette, la qualité de la viande, les vacances au soleil, et transforment en ennemi tout ce qui se trouve de l’autre côté du paillasson. Dans toutes les campagnes, les haies sont objets de haines viscérales. Les ascenseurs des immeubles des zones urbaines sont remplis d’affichage appelant à se méfier d’un tel ou d’un tel. Pour ne pas mourir fasciste — on le pressent — les bouleversements à opérer dans la vie quotidienne sont innombrables, et risquent de tétaniser les plus volontaires. Pour ne pas ne rien faire — pour enclencher un processus — le plus urgent est de commencer par soi. Je décolonise mon esprit. Je décolonise mes réflexes. Je refuse la routine. Je ne terrorise pas mon entourage. Je ne me laisse pas terroriser. Je décloisonne. Je provoque des rencontres. Je me disperse dans la foule. J’arrête de considérer mes amis, collègues et voisins comme moi-même et plutôt que d’apprécier leurs ressemblances, je jouis de leur différence radicale.
L’épouvantail universel est un monstre biface : sur une face on peut reconnaître son voisin le plus ordinaire, sur l’autre face l’étranger le plus lointain fomentant des complots épouvantables.
4. Quelles communautés ?
Dans quelles conditions la notion de communauté est-elle utilisable ? Sachant qu’elle est lourde, cette idée de communauté, lourde de son passé nationaliste et du romantisme des origines. En son nom, on a mobilisé les masses contre l’aliénation par la société moderne, pour la souveraineté nationale, l’unité du peuple et l’identité collective. Mais la communauté a aussi été un mot clé des luttes contre l’ordre dominant et pour l’égalité, pour la participation et l’émancipation.
Si on parle de communautés — au pluriel — évitons tout d’abord de les fantasmer authentiques, permettant une vie non aliénée. La communauté perdue ou attendue — mais inexistante — c’est le rêve nostalgique ou utopique, tendance romantique, qui a été instrumentalisé par les fascistes. Bouchons-nous un peu les narines dès que nous nous entendons faire appel à un sentiment commun d’appartenance ou à la synchronisation des mouvements de l’âme.
C’est cependant un contresens que de rejoindre l’anti-communautarisme ambiant pour échapper aux communautés dévorantes et aux fascismes naissants. Car, là où le discours républicain se réfère à l’universel, il désigne une communauté puissante et incroyablement normée. Le racisme, composante constitutive du fascisme, se déguise volontiers en défense des valeurs républicaines et universelles contre leur mise en danger par des communautés minoritaires. Cette tentation a même été inscrite dans la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen quand elle a créé de l’égalité en faisant exister des exclus. La tentation fasciste n’est pas étrangère aux revendications universalistes et républicaines quand elles exigent que, pour appartenir, il faille de se défaire de tout signe d’une autre appartenance. Les efforts du FN pour prouver sa nouvelle normalité sont très parlants à cet égard. C’est la norme qui est ici au centre d’une pensée soucieuse de tout contrôler et anxieuse devant l’apparition de collectifs divers. Bien sûr, elle permet des écarts, mais seulement tant qu’ils restent mesurables, utiles et intégrables.
Pour ne pas être écrasés par le pouvoir étatique, rien de mieux que la formation de communautés instables et provisoires. À condition de multiplier les liens, de désindividualiser le quotidien, et de ne pas faire de l’appartenance à une minorité une identité. Vivons des solidarités transversales : c’est l’expérience de la discrimination et de la stigmatisation qui rapproche les LGBT, les immigrées, les sans-papiers, les pauvres, les juifs, les musulmans, les roms. De telles appartenances nous marquent et imprègnent notre quotidien, mais elles doivent aussi nous enseigner une vue large et une oreille fine et réceptive aux critiques, aux plaintes, aux souffrances et aux difficultés des individus appartenant à d’autres minorités que la nôtre. Que le mouvement s’arrête et c’est la nécrose. Le fascisme est le nom de cette nécrose.
Faire partie d’une communauté ne signifie pas renoncer à sa liberté, mais savoir que toute liberté est située et orientée. Cela signifie voir par exemple que, pour résister à la privatisation néolibérale, la propriété commune et la participation démocratique sont des pratiques viables. Ou vivre un devenir commun sachant qu’il est sans fondement et doit être continuellement inventé, sachant que la précarité, l’hétérogénéité, la différence et la crise en sont les paramètres les plus productifs. Cela signifie que nous ne nous soucions pas de l’identité du commun, mais des possibilités de donner une forme politique au commun. Il n’y a pas de groupe constitué mais des tendances à l’individuation.
5. Dégonfler la question religieuse
Considérons toujours les questions de religions — la « question juive » hier, le « problème de l’Islam » aujourd’hui — comme des questions politiques secondaires. Certes, le premier usage politique des religions consiste à s’en servir pour abrutir les masses. Mais faire de la religion en général ou d’une religion en particulier son ennemi principal est tout aussi abrutissant, empêchant de voir et ses beautés marginales et les autres problèmes, par exemple la consommation de masse largement aussi efficace en ce domaine.
Ce fut très vite la position de Marx : priorité à la question sociale. C’était la position libérale originelle, celle d’un Hume ou d’un Kant : priorité à la défense des libertés fondamentales, dont la liberté de culte. Et c’est toujours une position extrêmement salutaire. Non seulement, elle interdit d’avance toute stratégie d’amalgame ou de bouc émissaire qui conduit à renoncer à un moment ou à un autre à la démocratie au nom de la laïcité (regardons ce qui se passe en ce moment en Egypte ou en Syrie), mais elle permet aussi de diviser l’ennemi. Cela dit, une question secondaire n’est pas une non-question. Mais c’est une question qui, politiquement, ne peut se poser qu’à l’intérieur de questions plus importantes et plus vastes : celle des inégalités socio-économiques, celle des luttes géopolitiques pour le contrôle des hydrocarbures, celle d’un certain terrorisme chiite, celle d’un autre terrorisme sunnite, celle du mariage pour tous, celle de l’occupation des territoires palestiniens par Israël, celle de l’omniprésence des Églises dans les comités d’éthique, etc.
Car, politiquement, la précellence donnée aux questions religieuses, c’est justement le fascisme.
6. Halte au fachocopillage !
On ne sait pas exactement quand ça a commencé. Sans doute il y a fort longtemps. Le socialisme n’a-t-il pas déjà été déclaré national dans le passé ? Mais le glissement continue bon train : ils sont nombreux ces combats, historiquement associés à la gauche, que les fascistes nouveaux ont fait leurs. Sauf que derrière le vernis du lexique républicain de la laïcité et de la défense des services publics, derrière la critique du néolibéralisme de l’Union européenne et les appels du pied aux « minorités » — homosexuels, juifs, femmes — prétendument menacées en France par un « fascisme vert » (islamisme), ce sont des monstres à mille têtes qui ont surgi. Face à une telle prédation, certains continuent de penser qu’il ne faut pas céder et occuper le terrain sans se préoccuper des effets de confusion. Le « peu importe avec qui l’on parle, les choses doivent être dites » constitue la ligne de ceux qui entendent résister au politiquement correct des « biens pensants ». En citant Marx ou George Orwell, le radical antidogmatique pense être immunisé. Mais une telle stratégie est dangereuse face aux bombes à fragmentation que sont devenus ces combats.
Le principe de ces bombes est simple, peu coûteux et dévastateur : en explosant, elles libèrent des milliers d’éclats qui se propagent aléatoirement à toute vitesse alors que la cible visée reste indemne. Et c’est comme cela que l’ennemi devient l’antifascisme plutôt que le fascisme, l’antiracisme plutôt que le racisme, le racisme anti-blanc plutôt que le racisme institutionnel, le multiculturalisme plutôt que la xénophobie… Pour éviter un tel désastre, on n’a pas encore trouvé mieux que de ne pas se faire la guerre. Mieux vaut se déplacer sur un autre front afin de refuser les armes de l’adversaire. Plus que jamais, les hérauts du féminisme, de l’anti-capitalisme-néolibéralisme, de la laïcité, des services publics doivent faire gaffe.

Car dans une vie non-fasciste, il n’y a pas de place pour la ritournelle pauvrement dialectique des « bonnes questions, mauvaises réponses ». Un exemple suffit : pour lutter contre le démantèlement des services publics, Marine Le Pen recycle l’« État stratège ». Elle préfère cette formule à celle d’« État fort » qui sentait un peu trop son parfum autoritaire. On voit bien les raisons de ce choix : la formule est soluble aussi bien dans l’imaginaire militariste du gaullisme que dans celui du dirigisme du communisme français ; elle fait fond sur une crise de l’État, sur les coupes budgétaires des services publics déconcentrés, les privatisations, les cortèges de licenciements industriels. Mauvaise réponse, certes, parce que les retours du Plan, de l’État entrepreneur-modernisateur ainsi que de la mystique productiviste dissimulés dans cette formule d’« État-stratège » ne nous tireront pas d’affaire. Et parce que la nostalgie n’est pas une politique. Mais surtout, mauvaise question : ce n’est pas la question de l’État (central) qu’il faudrait poser, mais celle des services collectifs — la santé, l’éducation, la culture, les transports, l’énergie…
7. Un peu de joie pour les gueux !
S’il existe encore, le peuple de gauche est manifestement atteint d’un triste syndrome qui limite sa résistance aux affects fascistes : une complète incapacité à se réjouir des quelques victoires qu’il a remportées depuis qu’il a chassé Sarkozy. Car objectivement, il en a remporté, et même d’assez belles. Mais aucune ne le réjouit, toutes lui semblent insuffisantes, dérisoires, pire : illusoires. La suppression de la circulaire Guéant pour les étudiants étrangers ? C’était la moindre des choses, on ne va pas quand même pas dire merci. La légalisation du cannabis thérapeutique ? Elle ne concerne que le cannabis thérapeutique, pas de quoi s’en rouler un. L’accès facilité à l’acquisition de la nationalité française ? C’est l’endroit d’une politique dont les expulsions sont l’envers, et celles-ci ne diminuent pas, au contraire. L’ouverture du mariage aux couples de même sexe ? C’est une « amère victoire » qui a laissé intact le droit de la filiation, voire une manœuvre pour cacher aux masses les vrais problèmes et les vraies saloperies : chômage, austérité, concessions au patronat. Le projet de suppression des peines plancher ? Il ne va pas assez loin. Le projet d’encadrement des loyers et de garantie publique des baux ? Pareil. La titularisation de 28 000 auxiliaires de vie scolaire ? Pas au courant. Quoi qu’il fasse, le gouvernement de François Hollande s’en prend plein la tronche, y compris et d’abord sur sa gauche : dans les conversations politiques, sur les réseaux sociaux, dans la presse de gauche, tout devient preuve à charge dans un vaste procès en indécision, en insuffisance, voire en mensonge et en trahison.
On peut certes y voir un signe de santé démocratique, la transformation d’un espace politique désormais plus horizontal, le fait d’un peuple affranchi des disciplines d’appareil et des crédulités médiatiques, plus critique, plus prompt à l’indignation, plus exigeant — un peuple de gauche post-mitterrandien. On peut également y redécouvrir un vieux pli, constitutif de l’ethos de gauche : si être de gauche, fondamentalement, c’est ne pas souffrir les obstacles qui nous séparent de l’égalité, alors forcément la moitié parcourue du chemin ne détournera pas nos regards de celle qui est devant nous, et nous ne serons jamais contents. Mais on peut aussi y voir une énorme erreur stratégique.
Le problème est triple. 1- Ne pas pouvoir ou ne pas vouloir identifier ce qui dans la politique d’un gouvernement vaut mieux que celle du gouvernement précédent, ni faire la différence entre ses composantes, pourtant manifestement hétérogènes et rivales, et faire, au contraire, l’inventaire minutieux des continuités avec la politique de Sarkozy, sans jamais saluer franchement les ruptures, si ténues soient-elles, c’est prendre le risque d’alimenter — en premier lieu en soi-même — ce bon vieux « tous pourris ». 2- Tactiquement, s’interdire de saluer telle ou telle avancée de gauche, c’est détruire toute incitation, pour ceux qui nous gouvernent, à infléchir leur politique dans notre direction : dans les démocraties d’opinion, les politiques ne vont pas là où on les conspue ; et quand, pour s’attirer des faveurs, il n’y a plus que la guerre ou la haine envers les minorités, ils y vont. 3- Surtout, se dire déçu ou trahi par un président de gauche parce qu’il n’a pas radicalement changé nos vies, c’est avouer en creux qu’on considère que le centre du pouvoir, le foyer de la puissance politique, c’est lui. C’est honorer malgré soi et en négatif un culte du chef, ce qui n’est sans doute pas la meilleure manière de s’armer contre le fascisme. Symétriquement, ne pas savoir applaudir ce qui, dans la politique gouvernementale, vient répondre à un espoir, une attente, une revendication auxquelles on tenait et pour lesquelles on s’est battu, c’est refuser d’applaudir sa propre victoire, et abdiquer sa puissance de gouverné. Saluer telle mesure, quand elle rejoint ce qu’on voulait, ce n’est pas une allégeance aux gouvernants, c’est une arrogance de gouverné. L’arrogance de celui qui n’a que faire des gouvernants : refuser d’avance de les aimer et d’y croire, c’est refuser aussi bien d’être déçu que de les haïr. Il aura fallu quinze ans aux socialistes pour voter l’égalisation du mariage ? Et alors ? Cela prouve seulement que nous avions quinze ans d’avance. Bref, contre le fascisme, cultivons un franc et sain narcissisme politique.
Contre le fascisme, cultivons un franc et sain narcissisme politique.
8. Ah oui, le capital, oui.
On connaît la thèse classique marxo-gauchiste, de Daniel Guérin et alii (un chouette gars) : le fascisme c’est le capitalisme. D’abord par le bas, le petit-patronat, puis, quand il n’y a plus de profits à sauver même pour les gros, par le grand patronat qui le soutient alors de tout son poids — dernier rempart en papier contre le fascisme devenant son plus fervent soutier. Le capitalisme et sa dynamique d’expansion, des puissances qui s’autonomisent (les marchés financiers dopés au trading à haute fréquence), devant lesquelles les États baissent la tête ou s’agenouillent, et pour lesquelles des gens crèvent ; et aujourd’hui, le capitalisme comme une énième fuite en avant technoscientifique, la soif de profits inextinguible, doublée du développement de dispositifs de contrôle (ou du moins d’influence) des consciences pour perpétuer le consumérisme. Le mal, le fascisme, ce serait le capitalisme, sans souci des personnes. Pendant ce temps, les classes dominantes, elles, se retirent, bien à l’abri, comme sont à l’abri au moins 20 000 milliards de dollars dans les paradis fiscaux.
Mais inutile de gloser plus avant sur le sujet. Le capitalisme est une des choses les plus réfléchies qui soient. Ce qui rend son appréhension à la fois très claire et très confuse, sa domination si écrasante et ses manifestations si vaporeuses. Sa complexité dynamique nous échoit en partage : la reconnaissance de cette évidence est la prémisse de toute vie non-fasciste. Avec l’arme de la critique, et la conscience qu’elle « ne saurait remplacer la critique des armes ». La proposition de Guérin n’est sans doute même pas fausse. Mais elle est un peu courte, elle ne donne aucune arme pour résister concrètement à l’articulation capitalisme-fascisme, surtout quand on n’a pas le sou.
9. Un fascisme économique ?
Si l’on vit sous le règne permanent des « enjeux économiques », des « choix économiques à faire », n’y a-t-il pas déjà là quelque chose de fasciste ? S’il n’y a pas de pensées économiques ouvertement fascistes qui aient marqué cette discipline, on ne peut quand même pas oublier que le grand Keynes a fait preuve d’un manque de clairvoyance assez criant face aux débuts du nazisme lorsqu’il voyait dans la politique économique d’Hitler une application de ses thèses de relance par l’État. Ni que Schumpeter a fricoté avec le parti nazi américain. Ne sont-ce que des questions d’hommes très mal avisés à un moment de leur vie ? Sans doute, mais on peut au moins en tirer une leçon : les économistes et les questions qu’ils abordent ne seront jamais une barrière, un rempart contre le fascisme. Pour le dire autrement, la science économique, cette science humaine qui ne cesse de se vouloir science dure, peut toujours être assujettie à un désir fasciste, peut-être justement parce qu’elle est trop humaine, bon gré, mal gré.
D’où retenir que les choix économiques peuvent toujours être mis au service d’une politique fasciste, comme d’une politique non-fasciste. Se souvenir aussi qu’aucune décision économique ne s’impose sans qu’elle soit le résultat d’une délibération. Par exemple, prêter à des banques des milliards d’euros après qu’elles ont été au cœur de la bulle qui a produit la crise : certes on peut choisir de les sauver pour éviter que les effets de leurs faillites soient bien pires que de leur apporter une aide étatique, mais en aucun cas on ne peut penser qu’il n’y a pas de choix. Car la rhétorique du « il n’y a pas de choix » (There is no alternative) nourrit sinon le fascisme lui-même, au moins les affects fascistes : elle en est un ressort puissant, et tout particulièrement dans le domaine économique aujourd’hui. Comment ne pas voir que le refus de mettre sur la table les éléments contradictoires qui président aux choix économiques attise le soupçon de la manipulation, rend inaudible toute argumentation et pousse au fond les citoyens à se détourner de ces choix ? La question récurrente en Europe de l’appartenance à la zone euro et des contraintes qui en découlent, le débat sur la limite du montant autorisé de la dette publique aux États-Unis d’une autre manière, ont flatté de fait les penchants fascistes, alors même qu’ils constituent des débats essentiels. Peut-être parce qu’ils ont pris la forme de dialogues de sourds, ou bien parce qu’ils sont toujours présentés comme trop complexes pour que la solution ne soit pas simple et unique. En d’autres termes, défendre la complexité c’est aussi parfois refuser le simplisme des solutions toutes faites que chérit toute politique fasciste. Et disons-le tout net : les résultats économiques n’ont de sens qu’à l’aune de l’état de la société qui les a obtenus. On ne peut qu’être consterné d’entendre tenu pour acquis qu’ « au moins, économiquement, Hitler a réussi à redresser l’Allemagne dans les années 1930 ». Car la focalisation sur les enjeux économiques est invraisemblablement pauvre : quoi de plus « facile » que de faire baisser le taux de chômage en interdisant à une large partie de la population de travailler ou de se déclarer chômeuse ? Le fascisme c’est autant « l’horreur économique » que sa dénonciation. On ne peut donc pas davantage s’en sortir en niant la science économique qu’en s’y pliant comme à une nécessité : il faut descendre dans l’arène.
Un fasciste est quelqu’un qui ne s’excuse jamais, surtout quand il est en tort.
10. Gare aux bouffons !
Longtemps, on a cru les choses simples, on aimait les bouffons. On comptait sur leur façon d’envoyer valdinguer le grand esprit de sérieux et l’amour des majuscules qui font le lit des fascismes. On savait la puissance corrosive du grotesque, de ces bouffonneries assumées qui démasquent le tyran, montrant chez lui la canaille ou le bouffon qui s’ignore : Hitler avait volé sa moustache à Charlot, Chaplin faisait d’Hitler une copie d’Hynkel, le dictateur de son film. Il fallait des farces pour montrer qu’il y a un Ubu dans tout facho — du petit bureaucrate appliquant scrupuleusement des consignes iniques au chef éructant des insanités devant des foules émoustillées. Pas question de renoncer à cette dialectique : il faut continuer à cultiver son esprit bouffon, pour savoir identifier, sous toute dérive fascisante, un devenir histrion, et sous toute histoire qui tourne au pire une sinistre clownerie : voyez Poutine, Berlusconi, le père Le Pen, Orbán ou Jean-François Copé.
Il se pourrait, pourtant, que quelque chose se soit déplacé. D’un côté, des militants et des professionnels du fascisme font de gros efforts pour remiser au placard leur quincaillerie de cirque ; mais de l’autre, des bouffons accrédités se font les convecteurs d’un fascisme new look. Quelques noms en vrac, sans s’attarder sur ce qui les distingue : Dieudonné, Alain Soral, Eric Zemmour, Edouard Limonov, Rush Limbaugh, Frigide Barjot. Qu’ils continuent ou non d’être invités sur les plateaux télé, c’est là qu’ils ont commencé, c’est par là qu’ils sont passés, parce que la liberté autoproclamée d’une parole rieuse censée faire sauter les verrous de la correction politique était télégénique. Ils savent les leçons de leurs aînés bouffons. Commencer par l’autodérision, je suis un crevé, un presque rien qui bataille avec des armes de pauvre contre les impostures du monde et des pouvoirs ; de là, passer quelques bornes : tel éloge de Poutine ou de Bachar Al-Assad ; tel salut maquillé en bras d’honneur « bien profond dans le cul du système » et renommé « quenelle », qui se transmet ensuite comme un méchant virus ; telle création lexicale, comme l’institution revendiquée des « fa » contre les « antifa ». Mettre les rieurs de son côté en consacrant le mépris et l’insulte comme principe de communion du public ; et puis, un jour, fonder un parti, un mouvement, ou figurer sur une liste d’extrême droite.
Qu’un certain parti d’en rire se soude si volontiers à l’idée de communauté nationale, cela devrait inquiéter un peu, y compris sur certaines pratiques, à gauche, des gros mots d’esprit. Renoncer aux bouffons — y compris à celui qui est en soi —, comme abc d’une vie non fasciste ? Non, bien sûr. Mais se méfier d’un rire qui rassemble plus qu’il n’inquiète, et d’une bouffonnerie qui ne se reconnaît d’autre but que de rassurer les rieurs dans leur être et dans leur identité.
11. Paranoïa, pourquoi pas ?
« Merde, je me suis gouré de mot de passe : celui que je viens de taper, c’est celui de mon compte Facebook, pas de mon compte Google ». Une pensée nous traverse alors : Google conserve dans un fichier à part la liste de toutes nos erreurs de mot de passe. Ainsi, le jour où Google veut s’introduire dans l’un de nos autres comptes en ligne, il n’a plus qu’à aller piocher dans cette liste ! Sûr que ça marcherait... Oh les paranos ! C’est sûr que rien qu’à expliquer la chose, on se sent un peu bolos. Mais pensez Echelon, NSA, CIA, patatras. Tout de suite, le bolos perd en ridicule. Le paranoïaque est paranoïaque jusqu’à ce qu’il ait raison. Jusqu’à ce que le ministre du fisc avoue la fraude fiscale, ou que les dircab et chefcab de Matignon soient mis en examen pour détournements de fonds. Ce n’est peut-être pas si mal d’être paranoïaque. En tout cas, c’est une corde raide : trop de paranoïa risque toujours de fasciser, mais refuser toute paranoïa c’est d’avance fermer les yeux sur tous les flux fascistes à la Big brother qui sont aujourd’hui bien réels. Adorno dit quelque part (ou ailleurs) « le regard méchant est fécond ». Derrière cet aphorisme machiavélien, on lit une sorte de conseil d’hygiène mentale. La paranoïa, ce n’est pas fasciste en soi. Il y a même une certaine beauté au raisonnement paranoïaque. Et puis, à l’heure du web, on ne peut pas s’empêcher de faire des liens entre toutes choses. Des corrélations qui ne valent pas causalités, on est d’accord : il s’en faut de peu que la toile, toujours ouverte, en expansion, en retissages permanents, se transforme en faisceau étroit. Faisceau de preuves qui ne font plus douter un seul instant. La politique des faisceaux, c’est étymologiquement le fascisme.
Le conspirationnisme que le réseau international donne nouvellement à voir n’est pas neuf, mais il est toujours aussi inepte. Notamment parce qu’il ajoute à notre sentiment d’impuissance (cf. Vacarme 64), en postulant qu’on est toujours trop en retard par rapport à de plus malines intentions. Aucun train ne serait donc bon à prendre, parce que d’emblée piégé, aucune lutte valable, parce que bientôt tuée dans l’œuf ? Du parano au conspi, il y a quand même un pas, mais il est décisif. Ce pas fait marcher au pas, il a trouvé sa cadence, bientôt son chef… Il marque la sortie du réseau sans centre et sans bords.

Le faisceau n’est pas le devenir obligé de la toile. On peut ne pas renoncer à l’analyse systémique, ni à penser le « système-monde », c’est-à-dire à l’échelle de la planète, cette sphère par définition dépourvue de centre à la surface. On peut continuer de pointer du doigt des alliances, tout à fait logiques (utilitaires) au demeurant, continuer de pister les manœuvres les plus schizophréniques (ministre du fisc/fraudeur fiscal), quand bien même il y aurait davantage à craindre de celles qui se déroulent comme prévu, et dont nous n’entendons pas parler. C’est même ce qu’il faudrait faire, inlassablement. Le paranoïaque n’est jamais en repos, jamais rassasié, ça lui donne l’énergie nécessaire. Voilà une attitude paranoïaque bénéfique.
12. Parler avec les fascistes
Théoriquement, il faudrait parler avec les fascistes. Pour les connaître, pour procéder à l’examen des mobiles, pour en tirer des hypothèses psychopathologiques rassurantes. Il faudrait leur parler pour les convaincre par la puissance de notre rhétorique, pour qu’à la fin d’une joute verbale que nous remporterions forcément ils se mettent à genoux, s’excusent et demandent pardon. Sauf que, dans les faits, ça ne se passe pas comme ça. Un fasciste est quelqu’un qui ne se laisse pas convaincre, surtout par la vérité. Et encore moins par la morale puisqu’il est lui-même aussi brutal qu’hyper-moral. C’est un Surmoi surchauffé fondu dans un Ça insatiable. C’est pourquoi un fasciste est quelqu’un qui ne s’excuse jamais, surtout quand il est en tort. Un fasciste ne nous apprend rien sur le fascisme. Un fasciste n’est pas plus dingue qu’un autre être humain, et sûrement moins que nous. Alors pourquoi parler avec un fasciste ? Parce que le fasciste se nourrit du sentiment de l’exclusion, de la certitude — d’une noirceur presque joyeuse — qu’il est infréquentable. Le fasciste va chercher dans le refus des non-fascistes à parler avec lui une confirmation. La discussion avec un fasciste est donc nécessaire, mais il faut savoir que malgré l’intelligence et le cœur qu’on y mettra — et qu’il faut y mettre —, malgré l’épuisement et le désespoir qu’elle engendrera inévitablement, elle est essentielle pour sa simple fonction phatique. Elle signifie qu’une communication est possible, au cas où.
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 15 Avr 2018, 15:43

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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 15 Avr 2018, 16:39

pourquoi je n'ai pas su dire non quand au réveil mon ex m'a annoncé qu'elle était enceinte?
pourquoi je me demande comment le prendra ma fille s'il elle lit ça un jour?
pourquoi je me suis dit que finalement ce sera peut-être la seule réponse d'accepter sinon je n'aurai probablement jamais connu ce que c'est d'être père?
pourquoi c'est arrivé dans ce garage chez les amis en ardèche qui m'ont hébergé quand j'étais en formation, là oû j'aurai aimé venir vivre avec mon ex?
pourquoi je me suis retranché complètement pendant deux ans au moment oû on devait quitter la friche qui est restée un terrain vague des années durant du reste?
pourquoi je ne me suis pas levé la nuit quand il fallait la changer?
pourquoi j'ai accepté immediatement la venue de son petit frère qui est venu sans prévenir et qui nous a logé tous les deux à la même enseigne?
pourquoi j'ai tenu absolument à assumer un logement pour une garde partagée?
pourquoi je dois chercher un logement pour la troisième fois en trois ans parce que je n'ai pas pu garder celui qui me permettait d'acceuillr mes enfants?
la réponse est simple: j'avais dit que je n'étais pas prêt, trop précaire ou trop instable peu importe dans le fond mais j'avais dit non, pas maintenant
et pourtant j'ai fini par dire ok on y va, je ne suis pas testeur chez durex, je n'ai jamais trompé mon ex pendant neuf ans
surement que j'ai eu trop peur de la décevoir
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 15 Avr 2018, 17:36

à coup de pourquoi on finit sur des et si...
et si avortement? et si j'avais habité dans cette friche? et si j'avais cédé à la tentation?
je ne serai pas en train d'écrire tout ça probablement, on a toujours le choix, certains ont plus le choix que d'autres, surement pas les mêmes possibles pour tous mais je ne suis pas là pour jouer les victimes, une réputation se fait en même pas une journée et ça prend des années pour s'en défaire, j'ai mieux à faire de mes journées de repos et
prendre un traitement lourd et être censé faire comme s'il ne s'était rien passé, j'ai payé plein pot une tournée avec un groupe en juin dernier: 2 tournées et demi en 15 ans j'ai même plus le temps, alors faites des groupes, organisez des concerts, the show must go on tout ça
j'ai commencé la basse vers 16/17 ans sur la basse du grand frère d'un pote, le gars plus âgé que nous, en école d'archi à st étienne, il est mort sur le coup dans un accident de moto un samedi soir, et sa copine à l'arrière est restée à l'hosto des semaines, ils ont été fauchés tous les deux par un abruti, délit de fuite, alcool, déni comme toujours
ils étaient beaux comme tout, je les avait surnommé belle des champs et beau des prés, monde de tarés, leur mère est partie en dépression et le petit frère batteur on le voyait moins forcément, chacun est parti pour les études plus ou moins, j'ai gardé la bass CMI Cort rouge et un tout petit ampli, rembobiné des K7 un nombre incalculable de fois, le seul repère pour m'accorder c'était ce CD de Sonic Youth, le titre "protect me you", pour trouver la mi, voilà pour la musique
ensuite terminale et pompiste en station service le week-end, première amoureuse pour 5 ans, un matin je suis parti en retard, au volant d'une 2CV que m'avait offert mon père ainsi que mon permis et un gros ampli basse Peavey et une copie japonaise de fender precision, un compte en banque pour acheter des disques et du shit, c'était l'assurance vie de ma mère
en sortie de virage je suis rentré de plein fouet dans un combi Wolskwagen, la 2CV explosée, la clé en croix avait traversé la capote, un peu comme mon fils a traversé le sterilet, et je suis quand même allé en cours, on avait un eps ce matin là, et le bac à la fin de l'année
quand j'ai rejoint ma copine à midi je lui ait dit que je pensais la quitter, peut-être que frôler la mort m'avait fait prendre conscience que j'étais en vie et qu'on ne finirai probablement pas nos vies ensemble, elle s'est mise à pleurer et j'ai renoncé pour emmenager avec elle et quitter la cambrousse, ça durera 4 ans "en ménage", depuis le temps que ma grand mère me disait de me trouver une payse pour tenir ma maison propre, elle qui votait marchais pour faire comme le pépé, ben voilà j'y étais, une fille que je kiffais depuis le collège, et qui était passée par toutes les Renault 18 de tous les grands frères toutes ces années durant
l'année suivant j'ai décroché mon bac avec 2 en maths et 16 en philo, la fille du prof de philo s'amusait à me chauffer et faisait tout pour me déstabiliser en cours, elle incarnait la tentation et en plus elle était vraiment drôle, j'ai retrouvé une photo de classe sur son compte copain d'avant
cette période de la vie de jeune adulte est bien plus marquante que le collège oû l'on ferait n'importe quoi pour être en opposition et trouver de l'attention
je me souviens juste d'un qui avait craché dans l'assiette d'un autre au réfectoire, et comme ça m'avait soaulé j'avais craché dans le plat
qu'est ce que j'en ai pris des branlées à l'époque, et à la maison aussi mais ça je veux bien croire que lui était pas toujours en état de me supporter
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 15 Avr 2018, 18:33

violence conjugale, conjugopathie comme disent les psychiatres, comment une gifle comme seule réponse quand on est à bout, comment on arrive pas à se séparer, comment on flippe des semaines après, des années pour se dire que c'est trop tard, le point de non-retour, la table renversée et le bébé qui joue par terre, l'ordinateur explosé en rentrant du studio top vintage de ouf, l'autre ordi explosé après avoir réalisé l'achat compulsif débile tellement je veux cette fille que je ne connais pas encore assez bien mais qui a mon âge et me donne plein de raisons de laisser toute cette violence derrière, c'est fini la revanche, le passé qui nous conditionne, se pardonner soi-même est d'autant plus courageux, une fois qu'on a compris que la rédemption passe bien avant l'héroisme, qu'on est responsable que pour soi-même, qu'on peut enregistrer avec un seven et un nuendo craqué en attendant, que déjà il se passe quelque chose, qu'on est arrivé à canaliser la violence, à l'heure oû je tape ces lignes, j'entends quelque chose qu'on a commencé sans réfléchir, et qui va évoluer, le son comme preuve d'un truc qui nous tient, quelque chose que je voulais depuis toujours peu importe la forme et les codes admis, puisqu'on est seuls ici, alors pourquoi avoir peur? pourquoi vouloir à tout prix la reconnaissance du groupe? il ne faut pas tuer la peau de l'ours, non il ne faut pas, et si rien ne sort j'irai m'exploser les tympans ou je ferai 15 fois le tour du parc de la tête d'or en répondant à des mails par mon absence, on est jamais autant déçu que par soi-même, le flow ininterrompu ou la peur qu'on m'oublie, l'envie de sauter chaque fois que je traverse le pont, comme seule raison, auto-justification valable de tout les échecs?
comment ça échec? on fait pas une partie pour faire péter le score, demande lui à elle si je vais te laisser faire une tour de ma meuf
il y a des signes de violence absolument partout sous nos yeux chaque jour et pas assez de verre pour remplacer le mobilier Decaux chaque lendemain et pas assez de neuroleptiques pour nous taire, pourtant nos parcours sont bien différents, pourtant on arrive à se comprendre, pourtant tout est bien plus complexe qu'on voudrait bien l'admettre, sûr qu'il est plus simple de rester procédurier, d'assurer son cul en nous donnant une camisole, puisqu'on arrive pas à la trouver en nous-même, mais dans le fond il y a des gens bien plus irresponsables que nous et je voudrais juste leur dire que je les pardonne aussi, leur statut social est là pour les laisser délirants et tout puissants, et comme tout le monde m'a menti pendant 43 ans je vais avoir bien du mal à croire en leur sermons, et comme je n'ai aucun garde du corps pour répondre à des jeunes identitaires quand ils m'insultent depuis une terrasse quand je rentre du boulot, je ne peux que répondre à ces boeufs: tu attends que je te dise que je suis gauche, anti-fa, anar, quelque chose qui te donne une raison de me tomber dessus à 4 contre un alors que tu pourrais etre mon fils, voilà la réponse que tu n'attendais pas:
je suis DDASS et celui qui m'a élevé a fait les jeunesses communistes, et il a travaillé avec les arabes sur les chantiers, pas le tien
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 15 Avr 2018, 19:45

tout ça pour dire que si je trouve celui qui a édité sa connerie dans le wikipedia sur le bled d'oû je viens je lui fais le plein de sucre en poudre
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 16 Avr 2018, 23:50

everybody loves you when you're dead
je ne suis pas allé aux enterrements de plusieurs personnes qui ont vraiment compté dans ma vingtaine, qui auraient pu être mon père ou mon grand frère ou ma grande soeur, puisque je suis allé jusque bout de la logique qui veut qu'un jour on devient triquard à peu près partout
c'est comme coucher avec une fille de 17 ans qui a l'air de te kiffer quand tu joues au petit matin en pleine nature, on est là on arrive comme des stars d'une autre date et il y a cette fille qui me regarde, et puis je me retrouve à parler avec elle et puis plus tard elle se retrouve dans mon pieu et quand je lui dis "désolé vraiment j'y arrive pas" pourtant elle voit bien le foutre au bout de la capote qui pendouille, mais c'est trop tard, et quand il y a un festival de painques le week end d'après et que je sais qu'elle sera là avec sa copine super belle aussi et tous les potes je préfère ne pas venir, c'est plus simple d'aller au distributeur chopper une vhs de porn
aujourd'hui je suis passé dans la rue bourgneuf à st etienne, là oû on se retrouvait dans cette colloc la première année oû j'ai habité dans cette ville, là oû on prenait des acides en écoutant pain teens, j'étais même allé une fois à auchan sous acide et c'était drôle au début, mais comme une sorte de malaise après
il fallait se casser, et vite
et derrière la rue bourgneuf il y a le lycée et le collège catho tesnas du montcel, j'ai été pion là bas, après l'hosto quand je ne voyais pratiquement plus personne des gens que j'avais pu rencontrer depuis mon premier acide, sois même pas 5 ans avant et avant l'age du rmi et à st etienne c'est pas rien, donc je me souviens que j'essayais de bouquiner mais que j'étais bourré de médicaments et que c'était dur, le collégien etant plutôt bruyant par nature
un jour on m'a volé mon bouquin, je suis allé jusque dans une classe pensant avoir trouvé celui qui aurait volé ce livre mais ce n'était pas lui, une autre fois des collégiens ont cru que je me moquais d'un gamin qui avait l'air un peu autiste alors que j'essayais juste de communiquer avec lui, faire des blagues, le mettre à l'aise, en fait ce gosse me parlait bien plus que tous les autres, j'avais remarqué aussi une gamine qui n'avait pas l'air très bien dans sa peau, et surpris des gamins raconter qu'elle "suçait dans les toilettes" en se marrant entre eux, quand j'ai essayer de comprendre ce qui n'allait pas chez cette gamine j'ai été convoqué à la direction peu de temps après, je lui aurait fait des avances et il fallait que je démissionne sinon les parents pouvaient porter plainte, et c'est ce que j'ai fait en leur disant que je sortais de plusieurs mois d'hôpital psychiatrique, et comment j'ai découvert le sexe à l'age de 10 ans mais ils m'ont regardé comme si c'était la preuve que forcément je serais un détraqué
je suis repassé ce matin là bas, il y avait un numéro de téléphone à l'entrée, j'ai appelé pour dire qu'il y a 20 ans maintenant, cet établissement scolaire catholique m'aura empeché de garder un emploi aidé, que je n'ai jamais violé personne, ni attouchement sur mineure ni rien, allez tous vous faire foutre maintenant
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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 17 Avr 2018, 10:16


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Re: j'écris un livre!

Messagepar (damien) paulette » 17 Avr 2018, 10:43


"c'est dommage qu'il soit enfin j'veux dire... j'aurai bien fait un croc dedans" (1998)
"je les vois défiler chez moi pour acheter des taz, ouais bisou ouais, elles en ont rien à foutre de moi mais bon"(1999)
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